Pour ce quatrième article relatif à la simonie, la question fondamentale est de savoir pourquoi les chrétiens se focalisent tant sur l’enrichissement quand on sait que Mashiah, dans l’œuvre duquel ils prétendent croire, a passé une existence terrestre dans un dénuement quasi-total. C’est à se demander de qui, ces croyants d’un genre nouveau sont-ils les imitateurs. L’apôtre Paul a dit : «Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Mashiah. » (1 Corinthiens 11/1).

S’ils eussent été adeptes de Mashiah, ils auraient été ses imitateurs dans les moindres détails de sa vie. Un survol de la vie terrestre de Mashiah sera fait dans cet article à la lumière duquel chacun pourra faire sa propre opinion concernant cet autre fléau des temps modernes.

1- Sa naissance

Iéshoua est né dans une famille pauvre, son père adoptif était un charpentier et sa mère, même si la Bible n’en parle pas, était femme au foyer. Les animaux offerts en sacrifice lors de la purification de sa mère traduisent de façon éloquente le statut social de ses parents. En effet pour ce sacrifice, la loi prescrit aux parents d’apporter un agneau d’un an pour l’holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle pour le sacrifice d’expiation. Mais si elle n’a pas de quoi se procurer un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l’un pour l’holocauste, l’autre pour le sacrifice d’expiation (Lévitique 12/7-8). Or, dans le cas d’Iéshoua, ses parents ont apporté des oiseaux, signe qu’ils n’avaient pas de quoi se payer un agneau.

2-Sa vie

Toute sa vie, Ieshoua a vécu comme un pauvre.

  • Il a connu la faim.

Quoiqu’ayant le pouvoir de multiplier les pains et les poissons (Mathieu 14/19) au point où un jour il maudit un figuier qui ne lui donna pas du fruit : 

« Le matin, en retournant à la ville, il eut faim. Voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha ; mais il n’y trouva que des feuilles, et il lui dit : Que jamais fruit ne naisse de toi ! Et à l’instant le figuier sécha. » (Mathieu 21/18-19).

Il était plus simple pour lui d’opérer un miracle pour assouvir sa faim. Comme on le voit Ieshoua a expérimenté la faim comme un humain de condition modeste.

  • Il a connu la fatigue.

Il a voyagé à pied et a connu la fatigue. Il n’a pas passé son temps à voyager à dos d’ânes comme les personnes aisées de son époque pouvaient le faire. 

« Là se trouvait le puits de Jacob. Ieshoua, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C’était environ la sixième heure. » (Jean 4/6).

  • Il a vécu comme un sans abri

A un scribe qui voulait le suivre partout où il irait, Ieshoua eut cette réponse : 

« Les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » (Mathieu 8/20).

  • Il a été enseveli dans la tombe d’un autre

Le comble de la pauvreté c’est que le sépulcre où il a été enseveli lui a été octroyé par un autre : 

« Le soir étant venu, arriva un homme riche d’Arimathée, nommé Joseph, lequel était aussi disciple de Ieshoua. Il se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Ieshoua. Et Pilate ordonna de le remettre. Joseph prit le corps, l’enveloppa d’un linceul blanc, et le déposa dans un sépulcre neuf, qu’il s’était fait taillé dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du sépulcre, et il s’en alla. » (Mathieu 27/57-60).

Joseph a dû lui faire don de ce sépulcre. La coutume à cette époque était que les juifs se faisaient tailler leur tombe dans le roc de leur vivant, et cela, Ieshoua ne pouvait pas le faire parce qu’il était dépourvu de moyens. Ainsi on le voit Ieshoua, de sa naissance à sa mort n’a connu qu’une seule condition de vie celle des pauvres. Lui qui a opéré tant de miracles n’en a pas opéré pour changer sa vie, celle de ses parents et celle de ses disciples.

3- Ses disciples aussi étaient pauvres

Tout comme leur maître les disciples de Ieshoua ont connu la misère quoique dotés eux aussi du pouvoir d’opérer des prodiges. Il leur suffisait d’user de ce pouvoir pour éviter les difficultés inhérentes à la vie de tous les jours. Au lieu de cela, ils ont, eux aussi à l’image de leur maître, connu les privations de toutes sortes. A aucun moment, la Bible ne les mentionne faisant usage d’un quelconque pouvoir prodigieux pour assouvir leurs besoins. Au contraire comme le commun des mortels, ils ont cherché la solution à leurs problèmes par le recours à des méthodes non miraculeuses mais plutôt normales. Ceux qui habitaient à Jérusalem par exemple ont eu recours à la mutualisation de leurs ressources pour pouvoir faire face au quotidien : 

« La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux. Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection de l’Adon Ieshoua. Et une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n’y avait parmi eux aucun indigent : tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres ; et l’on faisait des distributions à chacun selon ce qu’il en avait besoin. Joseph surnommé par les apôtres Barnabas, ce qui signifie fils d’exhortation, Lévite, originaire de Chypre, vendit un champ qu’il possédait, apporta l’argent, et le déposa aux pieds des apôtres. » (Actes 4/32-37).

Comme on le voit les apôtres et les autres disciples de Mashiah n’ont pas eu recours à la magie pour subvenir à leurs besoins bien qu’ils en fussent capables. La question est de savoir pourquoi ils ont choisi d’emprunter cette voie difficile quand ils pouvaient tout simplement ordonner pour que les choses arrivent.

4- Il a prescrit la croix à ceux qui veulent le suivre

Ieshoua s’adressa à ses disciples en ces termes : 

« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » (Mathieu 16/24).

Cette invitation à porter la croix jette celui qui veut être disciple de Mashiah sur le terrain de la difficulté, de la souffrance, en un mot de l’affrontement et de la guerre. En effet après le triomphe de Satân en Eden sur Adam, ce dernier a reçu en usufruit les royaumes du monde et ce qu’ils renferment (gloire et richesses) et il en use à sa guise. Il les donne à quiconque se prosterne et l’adore (Mathieu 4/8-9).

Ainsi le serviteur de Mashiah comme son maître n’a qu’une seule réponse à cette offre : « Retire-toi Satân ! » (Mathieu 4/10).

Ce rejet de Satân place le serviteur d’Élohim dans le camp de l’opposition et, aussi longtemps que le pouvoir n’aura pas changé de mains, le véritable serviteur d’Élohim ne devra nullement privilégier la prospérité matérielle. C’est ce qui justifie sa prière : 

« Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mathieu 6/10).

C’est seulement avec l’arrivée de ce règne qu’il pourra obtenir tout ce qu’il désire. C’est également seulement lorsque la volonté d’Élohim sera faite sur la terre, qu’il pourra avoir le vrai bonheur. C’est pour cette raison justement que Mashiah a déclaré : 

« Cherchez premièrement le royaume et la justice d’Élohim ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Mathieu 6/33).

En attendant ce glorieux jour, le rôle des croyants est donc d’œuvrer à la destitution de Satân du trône de ce monde et, à sa remise à Iéshoua HaMashiah. Comment donc comprendre cette propension de ces croyants qui se livrent à une véritable course à l’enrichissement comme s’ils étaient déjà dans le royaume de Mashiah ?

5- Ses disciples confirment que la souffrance précède la gloire

Shaliah Shaoul après avoir échappé à la lapidation à Lystre, s’est mis à exhorter les disciples en leur disant que : 

« C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume d’Élohim » (Actes 14/22).

La voie est clairement indiquée : l’entrée dans le royaume se fera dans la douleur car, il s’agit de destituer un souverain, pour en établir un autre. Celui qui est déjà sur le trône ne se laissera pas dépouiller sans réagir. C’est donc un affrontement à mort une véritable gigantomachie qui attend le disciple de Mashiah qui veut voir son maitre sur le trône. L’apôtre Pierre l’a si bien compris pour recommander au croyant de s’armer de la pensée de souffrir. 

« Ainsi donc, Mashiah ayant souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée. » (1 Pierre 4/1).

Mashiah lui-même a souffert mais après sa souffrance il a été glorifié. La souffrance se présente comme étant la porte qui débouche sur la gloire. Et c’est fort à propos que dans son épitre aux Romains l’apôtre Paul déclara : 

« Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers d’Élohim et cohéritiers de Mashiah, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. Aussi la création attend-elle avec un ardent désir, la révélation des fils d’Elohim. Car la Création a été soumise à la vanité non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise avec l’espérance qu’elle sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants d’Elohim. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour la Création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. » (Romains 8/17-22)

Dans un tel contexte de souffrance et d’espérance, annoncer le bonheur aux hommes c’est mettre la charrue avant les bœufs car le bonheur ne peut venir qu’après la souffrance tout comme le beau temps après la pluie. Ce reproche de l’apôtre Paul aux corinthiens est d’une brulante actualité : 

« Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner. » (1 Corinthiens 4/8).

La preuve est ici donnée que tous ceux qui prônent le bonheur et l’enrichissement aujourd’hui alors que le règne de Mashiah n’est pas encore venu sont disciples d’un autre mais certainement pas de celui qui récompensera ceux qui auront été vainqueurs de l’épreuve, ceux qui n’auront pas méprisé la croix. Comme le dit Corneille dans Le Cid : « A vaincre sans périls on triomphe sans gloire ».

Le Scribe

primi sui motori con e-max