Vers la fin de son ministère terrestre Ieshoua monta à Jérusalem avec ses disciples pour y vivre sa passion. Après une entrée triomphale qui eût le mérite d’émouvoir les habitants de cette ville il fit un détour au temple. C’est alors qu’il se rendit compte que celui-ci était devenu un véritable marché où des commerçants de tout poil vendaient et achetaient. Dans un accès de colère, il se mit renverser les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de pigeons puis déclara : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière .Mais vous, vous en faites une caverne de voleurs. » (Matthieu 21/13).

 Après cette mise en garde ferme. L’on devait raisonnablement penser qu’elle dissuaderait toute personne désireuse d’y exercer une quelconque activité commerciale. Que nenni ! Au contraire le culte lui-même va faire l’objet du commerce. On lui donnera le nom de Simonie ; en rapport avec Simon ce magicien, qui osa proposer de l’argent à Pierre et à Philippe en échange du pouvoir de donner le Saint-Esprit par imposition des mains Actes 18-19. Aujourd’hui force est de constater que malgré sa supposée prohibition, la simonie est revenue en force. Elle a fait du chemin depuis la commercialisation des reliques en passant par la vente des indulgences nous somme arrivé au point où aujourd’hui tout s’obtient avec l’argent. Dans ce premier article, il sera question de la simonie sous la forme de la commercialisation des reliques

1. Origine de la vénération et du commerce des reliques

Au commencement était la vénération née de la croyance dans des faits merveilleux réels ou supposés survenus du contact des croyants avec les restes de croyants ou des objets leur ayant appartenu. On cite généralement le passage de 2 Rois 13/20-21 pour justifier la vénération des reliques « Elisée mourut, et on l’enterra. L’année suivante, des troupes de Moabites pénétrèrent dans le pays. Et comme on enterrait un homme, voici, on aperçut une de ces troupes, et l’on jeta l’homme dans le sépulcre d’Elisée. L’homme alla toucher les os d’Elisée, et il reprit vie et se leva sur ses pieds.»

Ainsi, la foi en la puissance des reliques est fondée, il ne reste plus qu’à pousser les croyants vers la vénération de ces dernières. Et comme pour vénérer des reliques il faut en avoir à sa disposition, tout naturellement les prêtres vont s’atteler à leur en procurer contre espèces sonnantes et trébuchantes. Il est clair que l’individu autant que la communauté ressent un besoin profond de maîtriser son destin et les menaces qu’il sent confusément peser sur lui. Il s’impose alors à lui le besoin de détenir et de manipuler des objets dotés de pouvoirs magiques. La naïveté et la crédulité des peuples vont être exploitées par le milieu ecclésiastique dont, hélas, souvent, les motivations sont plus mercantilistes que liturgiques. Ainsi ce souci légitime de sécurité des peuples face aux incertitudes de la vie va être honteusement exploité par le clergé.

2. Les types de reliques

On distingue deux types de reliques : les reliques directes et les reliques indirectes.

  • Les reliques directes sont composées des corps ou des fragments de corps, ossements, cheveux, dents… Exemple : le prépuce de Jésus, son sang, ses larmes, sa sueur, ses dents de lait, le lait de la vierge Marie
  • Les reliques indirectes sont celles non corporelles composées des vêtements ou tout autre objet ayant appartenu au saint ou ayant été en contact après sa mort, avec son corps ou son tombeau. On a pu répertorier une multitude d’éléments comme par exemple : le bâton de Moïse, des morceaux de la croix, des fragments du bois de la crèche, les épines de la couronne, le voile de Marie… Beaucoup d’abus vont être commis par les vendeurs de fausses reliques.

3. Les abus dans le commerce des reliques

Il serait fastidieux de se mettre à faire l’inventaire des fausses reliques tant les abus sont nombreux. Parmi les reliques les plus insolites on trouvait un soupir de saint-Joseph, enfermé dans une bouteille dans une église de Blois, un éternuement du Saint-Esprit dans la paroisse de San Frontino, les pierres qui ont servi à lapider Etienne, les seins de Sainte Agathe, 60 dents de Saint Jean-Baptiste, les plumes des ailes de l’archange Gabriel, les restes de poisson de la pêche miraculeuse, les paniers de la multiplication des pains, les 30 deniers de Judas, huit cent épines de la couronne de Jésus , trois lances qui percé son flanc. La cathédrale de Murcie se flatte de posséder un poil de la barbe de Jésus. Il existe aussi 500 dents de l’enfant Jésus et des décalitres de son sang.

4. Ils ont laissé le principal pour l’accessoire

« Celui qui est affectionné pour quelqu’un vénère aussi les choses que cette personne a laissées d’elle-même après sa mort » déclare Thomas d’Aquin avant d’ajouter :

« Quand vous regardez le collier que portait votre grand-mère ou le missel dont elle se servait, ce n’est pas au collier ou au missel que va votre affection mais à votre grand-mère que ces objets vous rappellent. Vous vous souvenez alors de sa bonté et de sa foi, des bons conseils qu’elle vous a prodigués et vous rendez grâce à Dieu de vous avoir donné une telle grand-mère. C’est dans ce comportement humain tout à fait naturel que s’enracine le culte des reliques. Si nous conservons des vêtements ou des objets de nos aïeux, à bien plus forte raison devons-nous vénérer le corps d’un saint qui fut le membre de Jésus-Christ, le temple et l’instrument de l’Esprit-Saint et qui est promis à l’éternelle résurrection. »

Cette vaine tentative de justification de l’injustifiable prouve à elle seule que l’église catholique n’a rien compris à la Bible. Et pour n’avoir rien compris elle s’est inventé des voies censées conduire l’humain au salut. Le principal dans la Bible c’est de découvrir le secret de la vie éternelle que ni les ossements, ni les vêtements du saint le plus grand ne peuvent procurer. En se focalisant sur les reliques, qui, comme des talismans ou encore des gris-gris, sont censés conférer puissance et notoriété au possesseur, ils sont passés à côté du principal pour accorder plus de valeur à l’accessoire.

Au total, le culte des reliques apparait comme une habile invention destinée à égarer de pauvres âmes en quête de savoir et surtout de puissance dans un monde rempli d’incertitudes. Le commerce qui en a résulté a été une exploitation de leur naïveté et de leur crédulité. Ont-ils compris que hors de Mashiah il n’y a point de salut, de puissance, et de connaissance ?

 Le Scribe

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