Le Grand Larousse illustré 2014, à sa page 828, dresse la liste des papes depuis ses origines à nos jours. On en dénombre 283. L’Apôtre Simon Pierre, limmoud (disciple) de Iéshoua HaMashiah figure au nombre de ceux-ci et serait celui qui initia cette longue lignée des papes à l’an 64 de notre ère. Nous trouvons ces informations mensongères : C’est une falsification de l’histoire. Cet article a pour but d’apporter le démenti car pour nous, historiquement comme bibliquement, Simon Pierre n’a jamais été Pape.    

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Place Saint-Pierre à Rome, au Vatican

I - Pierre de Rome et Pierre de Jérusalem 

1) Pierre de Rome

Alexander Hislop nous dit qui est « Pierre de Rome » : « Avant l’ère chrétienne, il y avait à Rome, un Pierre qui occupait la plus haute place dans la prêtrise païenne. Le prêtre qui expliquait les mystères aux initiés, était quelquefois appelé d’un nom grec, « Hiérophante », mais dans le Chaldéen primitif, le vrai langage des mystères, son nom prononcé sans les points voyelle ; était Pierre, c’est-à-dire l’interprète. Rien n’était plus naturel que ce Prêtre, interprète et révélateur de la doctrine ésotérique des mystères, portât les clefs des divinités dont il dévoilait les desseins secrets. C’est ainsi que nous pouvons voir comment les clefs de JANUS et de CYBELE furent plus tard regardées comme étant les clefs de Pierre, l’interprète des mystères. Bien plus, nous avons la preuve la plus décisive que dans les contrées séparées l’une de l’autre et éloignées de Rome, ces clefs étaient connues des païens initiés non seulement comme étant celles de Pierre, mais comme étant celles de Pierre identifiés de Rome. » (Les deux Babylones, page 315). Selon ce témoignage, il y avait un individu du nom de Pierre à Rome (Pétro Roma), hiérophante des mystères grecs. Il détenait les clefs des deux divinités dont il dévoilait les secrets. Il occupait la première place dans la prêtrise païenne.

2) Pierre de Jérusalem (Simon Pierre)

Pierre de Jérusalem est hébreu. Il se nomme aussi Shim’on Kefas ou Céphas. Il fut évêque à Jérusalem (1 Pierre 5 /1) au milieu d’un collège d’évêques  et envoyé uniquement aux juifs comme apôtre : « … Voyant que l'évangile m’avait été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis, car Celui qui a fait de Pierre l’apôtre des circoncis, a aussi fait de moi l’apôtre des païens, et ayant reconnu la grâce qui m'avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, me donnèrent à moi et à Barnabas la main d’association afin que nous allassions, nous vers les païens, et eux vers les circoncis. » (Galates 2/7-9).

Le ministère  de Pierre comme on peut le constater, se limita seulement aux juifs. Il ne s’étendit pas aux non-juifs. C’est l’Apôtre Paul (Shaoul) qui fut établi Apôtre des non-juifs.  Pour rester fidèle à sa mission, Simon Pierre ne pouvait avoir la prétention de devenir  évêque un jour à Rome, une ville païenne. S’il fut même possible que Simon Pierre soit allé à Rome, ce ne fut assurément pas pour y servir comme Pape. Il mourut martyr dans la deuxième moitié du 1er siècle soit trois siècles avant la création du Catholicisme et, à tout prix, on veut faire de lui le premier Pape de l’Église Catholique.

Jusqu’au VIème siècle, l’Église Catholique elle-même contestait le titre de Pape qu’elle considérait comme scandaleux et satanique. Elle l’a fait comprendre clairement à l’Église orthodoxe. En effet, à la fin du VIème siècle, le Patriarche de Constantinople en orient, prit le titre de « Patriarche œcuménique », c’est-à-dire universelle. Grégoire le Grand, évêque à Rome (590-604) protesta dans une lettre contre le Patriarche de Constantinople. Il lui écrivit ceci : « Par quelle audace ou par quel orgueil vous efforcez-vous de vous emparer d’un titre nouveau qui peut scandaliser tous les frères ? S’emparer de ce titre IMPIE, c’est IMITER SATAN… Je dis sans crainte que QUICONQUE ose s’appeler évêque universel (souverain pontife) ou désire dans son orgueil que d’autres lui donnent ce titre, c’est le PRECURSEUR DE L’ANTECHRIST, parce que, dans sa vanité, il se met au-dessus des autres. Son orgueil seul peut le conduire dans cette erreur satanique. Car comme le méchant veut se mettre au-dessus des hommes comme l’égal de Dieu, il en est ainsi de QUICONQUE veut être appelé le suprême évêque en s’élevant au-dessus des autres. » (André Morin, tous les chemins mènent à Rome, p. 43). 

Comment donc Pierre qui mourut au Ier siècle a pu porter ce titre avant ce débat qui se tient au VIIème siècle ?

Par ailleurs, l’archéologie a découvert le tombeau de Pierre à Jérusalem sur le site du monastère franciscain  Rominus Flevit. Ce site est très loin de Rome où se trouverait son tombeau selon le Clergé Catholique.

Au total, il y a deux PIERRE :

  • Pierre de Rome, fonction sacrée occupée par un personnage censé être l’interprète des dieux et pour cela détenant des secrets dans le paganisme ;  
  • Pierre de Jérusalem, évêque et Apôtre de Iéshoua HaMashiah.

II - Les papes, Pierre de Rome et Pierre de Jérusalem

Simon Pierre n’eut pas de lien avec  le Christianisme Catholique, encore moins avec la lignée des Papes.  L’Église Catholique a fait de la falsification de l’histoire pour donner crédit à son imposture. Dans la même logique, on a substitué Pierre de Jérusalem à Pétro Roma (Pierre de Rome) pour construire une histoire et donner une légitimité authentique et historique à l’Église catholique qui est apparue IV siècles après le Messie.

Dans un premier temps, Michael Wash nous prête main-forte en écrivant que le concept de Pape fit son apparition au IIIème siècle : «  Il semble qu’il fallut attendre le IIIème siècle pour qu’un évêque de Rome soit appelé «  Pape » ; ce titre fut conféré au Pape Calixte 1er (….) » (Histoire illustrée des Papes (angl.)). On peut déjà faire le constat qu’aucun des membres du collège apostolique de Jérusalem n’était en vie en ce temps-là. Ce qui illustre bien le fait que Pierre de Jérusalem  sur qui le choix de l’Église Catholique est porté pour être l’initiateur de cette longue lignée de Papes, mourut sans avoir vu naitre le concept de pape. Selon Michael Wash, aucune personne avant Calixte 1er  n’a porté ce titre. La fonction de Pape n’existait même pas. Il n’y avait que des évêques qui ne régnaient que sur leur ville d’origine. C’était valable même à Rome.  Comment en est-on arrivé au IIIème siècle à ce concept de Pape dans le Christianisme catholique ?

Alexander Hislop donne les premiers éléments de réponse : « les évêques de Rome, écrit Alexander Hislop, il est vrai montrèrent de bonne heure un esprit fier et ambitieux, mais pendant les trois premiers siècles, leurs prétentions à des honneurs particuliers se fondaient simplement sur la dignité de leur siège qui était celui de la ville impériale » (les deux Babylones, page 312). En d’autres termes, les évêques de Rome se trouvaient supérieurs aux autres évêques parce qu’ils siégeaient dans la capitale de l’Empire. C’est cette conviction qui marqua les premiers évêques de Rome ; lesquels vont réclamer au cours de ce siècle la primauté  des évêques de Rome sur ceux des autres villes.

Pour donner une assise spirituelle à leur prétention, ils vont avancer l’idée que la dépouille de Pierre serait conservée à Rome et que Pierre aurait introduit le sacerdoce papal à Rome. Ainsi naîtra la théorie de la succession apostolique : « Notre culte, dit Giacomo Bartolini, (….) nous le rendons non au bois, mais au prince des Apôtres, Saint-Pierre, qui dit-on s’y était assis » (Alexander Hislop, les deux Babylones, page 321-322). C’est la falsification de l’histoire qui a conféré aux évêques de Rome la primauté sur les autres évêques. Après cette imposture, Rome fut mis en difficulté par les évènements suivants :

  • Constantin créé une nouvelle capitale (Constantinople) en 330 ;
  • Les empereurs d’occident abandonnent Rome et s’installent à Ravenne en 402 au détriment de Rome  l’ancienne capitale ;  
  • le pillage répétitif de Rome en 410, 455 et 472.

Dans cette situation inconfortable, il fallait rechercher de nouvelles raisons pour maintenir la dignité de l’évêque de Rome et sa suprématie sur les autres évêques.  Pour cela, l’Église Catholique trouva les ressources dans la Rome païenne. Les évêques prirent l’autorité de Pierre, sa mission, ses clefs, son siège, son vêtement, son van, etc. Ce fut un legs de la Rome païenne à la Rome chrétienne. Alexander Hislop rend son témoignage : « Ces raisons, on les trouva lorsque le Pape devint héritier des clefs qui étaient des symboles des deux divinités païennes bien connues à Rome. Janus avait une clef, Cybèle avait aussi une clef et ce sont là les deux clefs que le Pape porte dans ses armoiries comme emblèmes de son autorité spirituelle » (Les deux Babylones, page312).

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Les clefs de Janus et Cybèle

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Les clefs du Pape

Alexander précise : « Si nous avons maintenant restitué les clefs de Saint-Pierre à leur légitime possesseur, la chaire de Saint-Pierre doit suivre la même destinée. Cette chaire si renommée vient de la même origine que les clefs en croix. La même raison qui poussa le pape à prendre les clefs chaldéennes le poussa naturellement aussi à prendre possession de la chaire vacante du souverain pontife païen. Comme le pontife par la vertu de ses fonctions, avait été l’hiérophante ou interprète des mystères, sa chaire avait le même droit à être appelée chaire de pierre que les clefs païennes à être appelées clefs de pierre. Ce fut précisément ce qui arriva » (Les deux Babylones). Ainsi, tous les symboles des papes viennent des mystères païens.

Au total, Simon Pierre n’a été mêlé ni de près, ni de loin à la vie spirituelle de Rome, qu’elle soit païenne ou chrétienne.  C’est plutôt avec Pétro Roma (Pierre de Rome) que les Papes ont eu tout naturellement  un lien bien plus étroit. Ceux-ci gardent encore le titre de Souverain Pontife jusqu’à nos jours. Observez attentivement la tenue du Pape en titre, vous verrez bien les deux clefs de Pierre de Rome dans ses armoiries comme emblèmes de son autorité spirituelle. Nous ne cesserons de le dire, l’Église catholique ne fut pas créée par HaMashiah. Cette  Église est apparue quatre siècles après Lui. Elle  a fait une mascarade pour se donner une légitimité authentique et historique en  créant la confusion dans l’esprit des gens. Il faut lever le voile pour libérer ceux qui ont reçu l’amour de la vérité pour être sauvé.       

L’Apôtre Paul, en serviteur avisé, entrevit déjà l’hérésie qui entrainera la déviation. Il avertit et dévoila la stratégie de l’adversaire : « je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses pour entrainer les disciples après eux » (Actes 20 /29). Comme pour faire écho à cette prophétie de Paul, l’Apôtre Simon Pierre  avertit de son côté les évêques : « Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le Maitre qui les a rachetés, et qui attireront sur eux une ruine soudaine. Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions et la voie de la vérité sera calomniée à cause d’eux. Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point » (2 Pierre 2 /1-3).  

Sans contredit, Simon-Pierre n’a jamais été Pape.                                                                                              

Serge Demorier

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