Un chien est caractérisé par une fidélité sans pareil. Le cas échéant, il accepte de mourir pour sauver son maitre. Cependant, il a un comportement répugnant par le fait d’avaler à nouveau ce qu’il a vomi. La truie de son coté, est caractérisée par une résistance à tout épreuve mais, tout comme le chien, elle est détestable par son divorce avec la propreté. A peine lavée, elle retourne au bourbier. Le chien et la truie gardent inchangeables leurs natures. On ne peut éduquer le chien à abandonner ses vomissures ni la truie à être propre. La truie a une haine de la propreté et de l’hygiène. Le bourbier, cette coulée de boue d’un dégout et d’une odeur insupportables est son lieu de prédilection. Quant à une vomissure, elle est le rejet violent de ce qui a été ingurgité. Le corps ne pouvant le supporter, le propulse violemment dehors où il reste tout aussi abject à la vue.

Le chien et la truie vont nous servir de modèle pour éclairer notre pensée : « le chien est retourné à ce qu’il avait vomi et la truie lavée s’est vautrée dans le bourbier » (2 Pierre 2/22).

Pape Fançois et le cheikh Ahmed al-Tayeb

I - RETOURNER À CE QU’ELLE A COMBATTU EST UNE CONSTANTE CHEZ L’ÉGLISE CATHOLIQUE

1) Premier cas : L’Église Catholique et le Protestantisme

En face de la réforme protestante, il s’est dressé une contre-réforme lancée par l’Église Catholique. Ce fut un corps à corps impitoyable entre Protestants et Catholiques. Le premier avait pour arme les Écritures et le second, la persécution, les buchers, etc. Ils ont même créé des ordres pour atteindre leurs objectifs et mener des mouvements comme l’inquisition.

L’ordre des Jésuites était un instrument puissant de coercition au service de la Papauté. Cette police joua un rôle fondamental dans la contre-Réforme. Elle n’attendait pas pardonner à tous ceux qui ont osé proposer une autre vision des Écritures. Un extrait du vœu que les Jésuites font pour s’engager totalement pour la cause papale exprime cette haine : « la doctrine de l’Église d’Angleterre, celle des Calvinistes, des Huguenots et celle des autres non-protestants sont condamnables et qu’elles sont elles-mêmes maudites et doivent être maudites et non-pardonnées…. » (Voir André Morin, Tous les chemins mènent à Rome, page 15).

Quand débuta l’ère du Protestantisme, l’Église catholique avait atteint la perfection dans la violence. Voici la justification qu’elle donna :

« Quand Dieu en vient à appeler Paul, non seulement Il le contraignit par sa voix, mais encore, Il le jeta à terre par sa puissance. Et pour qu’Il put amener par la force un de ces êtres en fureur qui se débattent dans les ténèbres de l’infidélité, désirer la lumière du cœur, Dieu le frappa d’abord d’un aveuglement physique. Pourquoi alors l’église ne pourrait-elle pas utiliser la force pour obliger un de ses fils perdus à revenir au bercail ? Le Seigneur lui-même a dit : Allez par les chemins et le long des haies, et ceux que vous trouverez, contraignez-les d’entrer. C’est pourquoi, si la puissance qu’a reçue l’Église, par mandat divin, en temps voulu et au moyen du caractère religieux et de la foi des rois, est l’instrument par lequel ceux qui se sont trouvés le long du chemin – c’est-à-dire les hérétiques et les schismes – sont contraints d’entrer, eh bien, qu’ils ne trouvent pas faux d’être contraints ! » (Voir André Morin, Tous les chemins mènent à Rome, page 21).

Ainsi, des millions de protestants baptisés improprement « hérétiques » moururent martyrs à cause de leur foi, soit par des guerres de religion, soit par l’inquisition. Aujourd’hui, l’œcuménisme est l’expression de la reconnaissance des églises protestantes comme églises chrétiennes ; bien plus elles participent aux séances de prières en faveur de la paix dans le monde en qualité de « Grandes Églises ». Ennemis hier pour cause d’hérésie, collaborateurs aujourd’hui pour la même cause.

Par ce comportement, l’Église Catholique confirme sa tendance à retourner comme le chien à ses vomissures et la truie, à son bourbier.

2) Deuxième cas : l’Église Catholique et l’Islam

Le Protestantisme ne fut pas la seule religion qui fit les frais de l’intolérance de l’Église catholique. Entre le XIe et le XVe siècle, la Papauté lutta contre l’Islam. Elle initia une série de croisades dans le but d’arracher aux musulmans les lieux Saints de la chrétienté. A cet autre conflit, l’inquisition et les ordres militaires (Calatrava et Santiago) eurent aussi droit de cité. Il y eut des affrontements sanglants entre les deux religions, particulièrement en Espagne dans la Reconquista et en Palestine pour la Libération de Jérusalem. Voici un récit de la prise de Jérusalem le 15 Juillet 1099 lors de la première croisade lancée par le Pape urbain II :

« Nos pèlerins entrés dans la ville, pourchassèrent et tuèrent les Sarrasins jusqu’au temple de Salomon où ceux-ci s’étaient retranchés et où ils s’opposèrent aux nôtres dans le combat le plus farouche de la journée à tel point que le temple était trempé de leur sang. Enfin, après avoir défait les païens, les nôtres s’emparèrent dans le temple d’un grand nombre de femmes et d’enfants, qu’ils tuèrent ou épargnèrent de leur gré. Tout en haut du temple de Salomon, une troupe nombreuse de païens des deux sexes avait trouvé refuge, à qui Tancrède et Gaston de Béarn donnèrent leurs étendards en guise de sauf-conduit. Les croisés se répandirent aussitôt dans toute la ville, s’emparant d’or, d’argent, de chevaux, de mules et pillant les maisons qui regorgeaient de richesses. Ensuite, tout en extase et pleurant de joie, ils s’en allèrent prier au sépulcre de notre sauveur Jésus Christ et s’acquittèrent de leur dette envers lui. Le lendemain matin, les nôtres escaladèrent le toit du temple et y attaquèrent les Sarrasins, hommes et Femmes, dégainant leur épée, ils leur tranchèrent la tête. Des Sarrasins se jetèrent du toit du temple. Voyant cela, Tancrède en fut tout indigné ». (Gesta Francorum, Histoire illustrée du monde ancien).

Aujourd’hui les adversaires que constituèrent hier les musulmans pour les catholiques, font partie des invités de l’Église Catholique aux rencontres d’Assise dans le cadre de la prière pour la paix dans le monde. Bien plus, l’Islam est reconnue comme une religion de paix par l’Église Catholique. Voici ce qu’a déclaré le Pape François 1er au sujet de l’Islam, le 15 Novembre 2015 en Turquie : « Le Coran est un livre de paix, c’est un livre prophétique de paix ». 

(https://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2014/november/documents/papa_francesco_20141130_turchia-conferenza-stampa.html)

Par cet autre comportement, l’Église Catholique confirme sa tendance à retourner comme le chien à ses vomissures et la truie, à son bourbier.

3) Troisième cas : l’Église Catholique et la Science (Galilée et Charles Darwin)

Le moyen âge était marqué en Europe par l’émergence d’une civilisation profondément enraciné dans la religion. La vie presque tout entière était définie par la religion qui était la seule référence authentifiant les grands moments de l’existence. L’Église était la gardienne de la culture et l’enseignante de toute chose. On gardait prudemment pour soi ses doutes et ses incertitudes. Quiconque les aurait exprimés en public aurait choqué, risquant même d’être mis au ban de la société. Même lorsque des laïcs s’attaquaient aux hommes d’église, ils le faisaient au nom des règles que l’église avait enseignées et en se référant à la connaissance des desseins du créateur que celle-ci avait révélés.

Il faut retenir qu’au moyen âge la vie en Europe était pensée par l’Église. Mais au XVIe siècle, la donne changea. La réforme protestante transforma le point de vue du peuple sur l’autorité religieuse ou temporelle. La fronde protestante favorisa le passage de la soumission et du conformisme à la liberté d’expression et la revendication. Ce nouveau climat hâta d’autres influences telles la science, la philosophie, le laïcisme et le matérialisme qui minèrent considérablement la position de l’Église. L’éclosion de la connaissance scientifique mit en doute des enseignements de l’Église. Par exemple, les découvertes d’astronomes tels que Copernic ou Galilée réfutaient la position de l’Église Catholique qui faisait de la terre le centre de l’univers (géocentrisme). Rallié au système dans lequel le soleil est au centre (héliocentrisme) de Copernic, dont l’œuvre venait d’être mis à l’index (1616), Galilée fut déféré devant le tribunal de l’Inquisition. Le tribunal le condamna et l’obligea à se rétracter (1633). Trois siècles après, précisément en 1979, le Pape Jean-Paul II rend hommage à Galilée et lui décerne le titre de « fonda ». En 1992, l’Église l’a réhabilité.

Par cette manière de faire, l’Église Catholique confirme son crédo à retourner comme le chien à ses vomissures et la truie, à son bourbier.

Au XIXe siècle, la théorie de l’évolution de Charles Darwin porta le coup le plus rude à la religion. Au début, le clergé d’Angleterre et d’autres pays s’éleva contre cette théorie. Mais après, comme à son habitude, l’opposition s’atténua et le clergé prit fait et cause pour cette théorie, qu’il a commencé à combattre. Avant la mort de Darwin, l’Église se mit en phase avec sa théorie. L’Encyclopédie de la religion (angl.) révèle le mariage de l’Église avec la théorie de Darwin : « la plupart des ecclésiastiques réfléchis et éloquents étaient parvenus à la conclusion que l’évolution était tout à fait compatible avec une compréhension éclairée des Écritures ».

Par cette manière de faire, l’Église Catholique confirme son attachement viscéral à la philosophie du chien et de la truie : « le chien est retourné à ce qu’il avait vomi et la truie lavée s’est vautrée dans le bourbier » (2 Pierre 2/22).

4) Quatrième cas : l’Église Catholique et l’Animisme africain

L’animisme africain s’exprime diversement selon les langues et les régions. Cependant, chez un même peuple, on y trouve différentes expressions de spiritualité ayant néanmoins toutes la même source : la divinité locale. En dépit de la variété des formes de religion dans une même région, leur tolérance mutuelle est de rigueur ; ce qui renforce le polythéisme en Afrique.

Au 17ème siècle, l’Église Catholique, par le truchement des missionnaires européens, pénétra l’Afrique. Dans ses visées expansionnistes et colonisatrices, elle agressa fortement l’animisme qui y était pratiqué. Par le moyen de l’évangélisation, l’Église prêcha aux peuples africains une divinité nouvelle appelée « Dieu » qui serait le créateur du ciel et de la terre. Ce Dieu unique aurait fait venir son Fils « Jésus-Christ » sur terre pour sauver les hommes. Les missionnaires ont enseigné que l’acceptation de ce Dieu Unique et l’abandon des pratiques animistes étaient la condition du salut. L’Église Catholique a enseigné aux Africains que tous ceux qui restaient toujours attachés à l’adoration des divinités locales couraient inévitablement à leur perte. Elle introduisit ainsi le monothéisme dans les cultes religieux africains.

Aux fins de détourner totalement les Africains de leurs adorations, les catholiques ont introduit des termes méprisants pour qualifier les  pratiques de ceux-ci : fétichisme, sorcellerie, idolâtrie, culte des ancêtres, culte des esprits mauvais, totémisme, religions archaïques, religions traditionnelles, etc. Ils taxèrent par la suite les divinités locales de génies travaillant dans la sphère des démons. L’attaque fit prendre du recul à l’animisme et laisser se répandre le Christianisme.

Toutefois, l’Animisme a résisté. Il a même progressé et s’est grandement propagé au cœur du Catholicisme. Devant cette avancée de l’Animisme, l’Église dans un instinct de survie fait de la place en inventant le concept de l’Inculturation. Pour des observateurs, les pratiques animistes domineraient l’adoration chrétienne. L’observation des cérémonies et des rites dans l’Église : le culte, le baptême, le mariage, le rituel mortuaire, les fêtes etc. confirme cette analyse. Toutes ces choses se font avec une forte coloration africaine : l’habillement, les décorations, la liturgie, fonds et rythmes musicaux, etc. C’est du paganisme mêlé d’un peu de ferveur de chrétienté.

Aujourd’hui, les divinités africaines sont réhabilitées et élevées au rang de Créateur au même titre que l’unique Dieu par la haute hiérarchie catholique. Le cardinal Francis Arinzé, proche collaborateur du Pape Jean Paul II, rappelant la norme de toute traduction biblique, agréée par l’Église catholique donne la directive suivante : « Le Nom de Dieu tout-puissant, exprimé en hébreu dans le tétragramme et traduit en latin par le mot Dominus, doit être rendu dans chaque langue vernaculaire par un mot de même signification » (Extrait de la lettre aux conférences épiscopales concernant le « nom dieu » 29 juin 2008).

Comme on le constate, des divinités dit-on, être au service des démons, prennent par le biais de la traduction, la place de Dieu Tout-puissant créateur du ciel et de la terre, dans les Bibles en langues vernaculaires. Autant les hérétiques ont été réhabilités l’Église Catholique vient de réhabiliter les divinités précédemment qualifiées de démoniaques.

Ainsi, se trouve confirmé l’attachement de l’Église Catholique à la philosophie du chien et de la truie.

Les exemples des choses combattues et récupérées par la suite, sont légions. On ne peut les répertorier tous dans le cadre de cet article. Nous allons clore cette rubrique avec « le réveil spirituel » des Églises évangéliques que le catholicisme a combattu et après, il a créé en son sein « le mouvement charismatique ».

D’aucuns diront que l’Église Catholique se repent toutes les fois qu’elle prend conscience de ses erreurs. Que cela arrive à un humain, on le saisit aisément. Mais à une institution chrétienne, dit-on, conduite par le Saint-Esprit ? Ce qui nous amène à la question suivante :

Une institution chrétienne a- t-elle la liberté de s’adonner à une telle pratique, à savoir dire OUI et NON chaque fois ?

Nous l’avons dit et nous le rappelons, une vomissure est le rejet violent de ce qui a été ingurgité. Le corps ne pouvant la supporter, la propulse violemment dehors où elle reste tout aussi abject à la vue. C’est pourquoi Iéshoua dit en Matthieu 5 /37 « Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin ». Ailleurs, il est conseillé de ne plus regarder en arrière une fois la main mise à la charrue : « Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n’est pas propre au royaume d’Elohim » (Luc 9 /62). Shaliah Shaoul (Apôtre Paul) lui tranche la question : « Car, si je rebâtis les choses que j’ai détruites, je me constitue moi-même en transgresseur » (Galates 2/18). L’Église catholique n’a que foulé aux pieds ces principes. Son « Non » devient après « Oui ». Toutes les fois qu’elle met la main à la charrue, elle regarde en arrière. Elle s’est toujours constituée en transgresseuse en rebâtissant ce qu’elle a détruit accomplissant ainsi 2 Pierre 2/22 : « le chien est retourné à ce qu’il avait vomi et la truie lavée s’est vautrée dans le bourbier ».

Attention donc, après vous avoir promis le paradis, vous risquez de vous retourner en enfer.

II - POURQUOI L’ÉGLISE CATHOLIQUE SE COMPORTE-T-ELLE AINSI ?

C’est sa nature. De même qu’on ne peut éduquer le chien à abandonner ses vomissures ni la truie à être propre, de même on ne peut amener l’Église catholique à marcher dans la voie de la vérité. La boue est le lieu de prédilection de la truie. Elle a une haine de la propreté et de l’hygiène. L’Église catholique également a une haine de l’hygiène spirituelle. Elle a choisi de marcher au rythme du monde. C’est son champ de prédilection. L’Église est pensée par le monde, et change selon la couleur du monde.

La haute hiérarchie catholique a décidé ainsi « assurer le renouveau de l’Église face au monde moderne ». Cette volonté a été formulée le 25 juin 1959 par le Pape Jean XXIII et fut l’une des raisons justificatives de la convocation du concile de Vatican II. Le prophète Osée dans l’ancienne alliance dit que « Ephraïm est attaché aux idoles, laisse-le ! » (Osée 4/17). Sur une telle base, on ne peut que laisser cette Église dans sa chevauchée. Vous essayez de l’éclairer, elle vous combattra. La Bible dit aussi qu’on ne jette pas des perles aux pourceaux et qu’il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens (Matthieu 15/26).

Face à un tel gouffre, quelle solution pour les croyants catholiques ? La réponse de la Bible a devancé la question :

« Sortez du milieu d’elle, mon peuple afin que vous ne participiez point à ses péchés et vous n’ayez point part à ses fléaux » (Apocalypse18/4).


Serge Demorier

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