Le sujet du quatrième article est la doctrine de la compensation prêchée par les théologiens de la prospérité. Ils enseignent que : « Les chrétiens donnent pour qu’en retour Dieu les comble de biens matériels ». En traitant de ce point, les auteurs n’ont fait qu’habiller leurs propres idées par des versets bibliques et encore une fois produit une grande hérésie. Nous présentons les arguments des Pasteurs que nous critiquerons au fur et à mesure. 

1. Les Thèses produites par les Pasteurs de la prospérité et leurs critiques

Elles se résument en ceci :

« Les chrétiens donnent pour qu’en retour Dieu les comble de biens matériels ».

Ces théologiens se focalisent sur l’acte même de donner leur argent et leur biens à dieu afin qu’en retour dieu les multiplie par cent; Ainsi, point n’est besoin de rencontrer un multiplicateur de billets ou bien garder son argent en banque pour des intérêts. Si on rencontre un Pasteur qui sait donner notre argent à Dieu, on est sûr d’en avoir le centuple en retour. Ainsi, nous réalisons une bonne affaire comme le dit Gloria Copeland :

« Donnez 10$ et vous en recevrez 1000. Donnez 1000$ et vous en recevrez 100 000… Donnez un avion et vous recevrez l’équivalent de cent fois la valeur de cet avion… En résumé, Marc 10.30 est une très bonne affaire » (Gloria Copeland, God’s Will is Prosperity Forth Worth, Texas, Kenneth Copeland Publications, 1978), p. 54).

Tous les autres prédicateurs de la prospérité vont dans le même sens. Ainsi, nous avons :

  • Robert Tilton appelle « Law of Compensation » (Tdt : La loi de la compensation) ce qui pousse les chrétiens à donner. S’ils sont généreux, Dieu leur donnera bien plus que ce qu’ils ont eux-mêmes donné. Le cycle est sans fin ! Selon lui, cet enseignement serait basé sur Marc 10/30. Tilton dit : « Je suis convaincu que Dieu veut que chaque chrétien s’enrichisse, non parce que ça a fonctionné pour certains, mais parce que je le vois dans la Bible. Je ne fixe pas mes regards sur les hommes, mais sur Dieu qui permet que je m’enrichisse ».

Il a renchéri ailleurs :

« J’ai commencé à constater que de bonnes choses se manifestaient autour de moi. Je donnais une paire de chaussures, et j’ai constaté que trois ou quatre paires revenaient. J’ai continué à donner des montres, et j’ai constaté qu’une Rolex de très grande valeur a sauté jusqu’à mon poignet. » (Robert Tilton, God’s Laws of Success (Dallas : Word of Faith Publications, 1983), p.137.)

En dehors du financement de l’œuvre, c’est la possibilité pour le croyant de faire fructifier son épargne et de connaître du succès dans la vie.

  • Kenneth Copeland dit : « Quand un homme fait des dépôts auprès de Dieu, il a le droit de réclamer ces dépôts et de faire des retraits. » (Kenneth Copeland, The Laws of Prosperity (Forth Worth: Kenneth Copeland Publications, 1974), p.92).

En résumé, il s’agit de financer l’œuvre en un premier et de donner l’argent au Pasteur pour devenir riche. Avec ces deux actions, on est sûr que notre argent atteint Dieu. En réalité, il s’agit d’une seule action, puisque l’argent pour financer l’œuvre est donné au Pasteur lui-même. Donc, on peut dire : « Donnez votre argent au Pasteur et votre argent sera multiplié ».

Le bilan historique, c’est l’accumulation de l’argent au sommet de l’Eglise, dans les poches de l’élite et la pauvreté à la base de l’Eglise, car les fidèles ne voient jamais la multiplication venir. Ils sont traumatisés car ils se convainquent eux-mêmes de manque de foi ou de n’avoir pas donné suffisamment. Sans aucune pitié pour leur état d’âme, le Pasteur assomme que lorsqu’on a rien comme la pauvre dans la Bible et qu’on donne tout ce qu’on a, c’est alors qu’on a beaucoup.

Le chrétien donne et passe de la pauvreté à la misère. Et le Pasteur, dans l’opulence, présente aux fidèles leurs argents détournés comme le résultat de sa propre foi et les invites à suivre son modèle. Mais, le Pasteur opulent ne donne jamais au fidèle pauvre afin d’avoir plus et ne fait lui-même jamais un dépôt auprès de Dieu. Se présentant comme le représentant de Dieu, il interdit aux fidèles de parler directement à Dieu. Ces propos sont destinés à pousser les auditeurs à adhérer à leurs visions. Mais dans la finalité, l’acte de donner est tout sauf philanthropique, ou pour l’amour d’Élohim. Le financement de l’œuvre va donc reposer sur le donner des croyants, convaincus de s’attendre à une compensation immédiate de la part d’Élohim.

2. La critique

Ils en font un fardeau sur la tête de leurs fidèles. Ils pressent les fidèles en disant :

« La vraie prospérité, c’est se servir de la puissance de Dieu afin de combler les besoins de l’être humain dans tous les domaines » ; et « nous sommes appelés à financer l’évangile pour le monde. »

Ces propos sont destinés à pousser les auditeurs à adhérer à leurs visions. Mais dans la finalité, l’acte de donner est tout sauf philanthropique, ou pour l’amour d’Élohim. Le financement de l’œuvre va donc reposer sur le donner des croyant, convaincus de s’attendre à une compensation immédiate de la part d’Élohim.

En dehors du constat de la paupérisation historique des croyants donneurs, nous avons cinq critiques à formuler contre cette théorie de la compensation.

a) Les textes de la compensation et la vraie doctrine

Voici les textes des promesses d’Adon Iéshoua :

« Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse parce que votre récompense sera grande dans les cieux » (Matthieu 5/12)

« Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes pour en être vus, autrement vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 6/1-5)

« Quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra pas sa récompense » (Matthieu 10/42).

« Car on donnera à celui qui a et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a » (Matthieu 25/29)

Enfin au jeune homme riche Iéshoua dit :

« Va, vends ce que tu possèdes, donne le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel » (Matthieu 19/21).

Élohim a dit : « A moi la vengeance, à moi la rétribution » et l’Ecriture ajoute que « Il est le rémunérateur de leur foi ».

b) La vraie doctrine de la compensation

Compenser, c’est produire un effet contraire en vue d’équilibrer un premier effet. L’Ecriture ne cache pas qu’il y aura de la compensation pour les serviteurs. La justification de cette action, c’est les sacrifices consentis par les disciples pour l’œuvre, les pertes qu’ils ont subies à cause de son nom, leurs actions de justice en faveur du royaume d’Élohim, etc. Les couronnes de justice (2 Tim 4/8), de gloire (1 Pierre 5/4), de vie (Jacques 1/12), incorruptible (1 Cor 9/25) sont du nombre des récompenses. Avec certitude il y aura un salaire, des récompenses pour ceux qui ont perdu des biens de ce monde actuel, ou ont renoncé à des revenus passagers pour servir le Maître. Ceux qui se sont dépouillés pour le service et ont contribué à l’avènement du royaume d’Élohim méritent une juste récompense. Élohim promet une rétribution pour chaque ministère rempli. Il donnera aussi un salaire à celui qui aura pratiqué de la justice tel que cela est recommandé à chacun. Élohim récompensera les prières et les jeûnes.

La compensation, c’est recevoir au multiple et de la part d’Élohim les richesses auxquelles on a renoncé à cause de son royaume à venir.

Elle est une promesse d’Élohim à ses serviteurs. Elle vient d’Élohim et arrive aux serviteurs. HaMashiah demande de donner beaucoup afin de recevoir beaucoup plus tard (le centuple de ses dons). Les récompenses attendent les croyants au ciel. Le temps de la récompense c’est l’après résurrection des morts (Luc 14/14).

Tous les serviteurs d’Élohim seront récompensés, chacun selon ses œuvres, les mauvais serviteurs et les bons. Les faux serviteurs ne seront pas récompensés, mais l’Adon leur dira ouvertement : 

« Je ne vous ai jamais connu, retirez-vous de moi vous qui commettez l’iniquité » (Matthieu 7/23).

Tous seront jugés après la résurrection et ensuite ils seront récompensés seulement s’ils ont fait ce qui est juste.

La compensation est la récompense d’Élohim à ses serviteurs pour leur confiance, leur justice et leur service envers Lui et les siens pendant leur vie terrestre. La compensation est l’expression de la reconnaissance et la bonté d’Élohim. Elle encourage le croyant et l’incite à l’endurance et à la fidélité au service du Maître. La compensation dédommage pour le prix de l’engagement que le croyant a payé, à savoir le renoncement à un salaire ou à sa fortune pour porter sa croix et servir son Maître à l’image des premiers apôtres.

c) Ce qui n’est pas la compensation

Élohim ne procède pas avec les siens à un jeu de ‘‘ donner et recevoir au centuple ’’ maintenant. L’incitation des Pasteurs à l’endroit de leurs croyants à s’investir dans ce jeu est de l’arnaque et de l’escroquerie au nom d’Élohim.

Les salaires payés par les anciens à des Pasteurs de leurs assemblées ne sont pas la compensation promise par Élohim ; mais la compensation des hommes en dehors de la volonté d’Élohim. Les cadeaux de générosité et les aumônes des frères à l’endroit d’un serviteur s’inscrivent dans le cadre des recommandations de Rabbi Iéshoua aux croyants afin qu’ils accomplissent des actions de justice. Ce n’est pas de la compensation envers le serviteur, car la compensation vient de l’employeur.

Alors qu’ils n’ont rien quitté, n’ont perdu aucun bien matériel, les Pasteurs adeptes de la prospérité reçoivent des salaires et des honneurs de la part des hommes ; ils ont déjà leur compensation maintenant. Ils sont exclus donc du nombre de ceux qui auront leurs compensations à la résurrection des justes.

Les croyants doivent avant tout s’acquitter des dîmes et offrandes à Élohim avant de donner aux nécessiteux par générosité. Les aides qu’on fait à des serviteurs ou des frères nécessiteux ne sont pas la compensation promise par Élohim. L’orientation des dons et des finances doit se faire non vers les Pasteurs, mais vers les veuves et les orphelins nécessiteux et vers le front de l’œuvre d’Élohim. Les préceptes de générosité, de libéralité et de justice du royaume d’Élohim sont des recommandations justes. Ils ne doivent pas être des fardeaux à faire porter par les fidèles pour le compte des Pasteurs salariés. Ce n’est pas là la compensation selon les Ecritures.

Les serviteurs qui vivent de la laine et du lait du troupeau ne vivent pas de la compensation d’Élohim ; mais du pillage et du vol car le troupeau n’est pas à un homme et son lait et sa laine non plus ne doivent revenir aux hommes. Le fait que Élohim fait briller son soleil sur les bons et les méchants ; et fait tomber la pluie sur les justes et les injustes n’est pas de la compensation (Matthieu 5/45). Quand Élohim répand la bénédiction sur les croyants qui s’acquittent des dîmes et offrandes (Malachie 3), cela n’entre pas dans le cadre de la compensation.

Le serviteur qui exige et reçoit un salaire maintenant et n’attend pas la résurrection et le jugement de son maître (pour le rétribuer), celui-là devient un mercenaire. Or c’est le mercenaire qui se paye lui-même son salaire en accaparant des biens et en pillant avant le temps de la récompense.

Au total, le pillage des brebis n’est pas de la compensation. Faire de la mendicité auprès des brebis n’est pas recevoir le salaire de compensation. Investir ses économies dans la vie d’un faux serviteur est une chose qu’Élohim ne récompensera pas. Exiger un salaire aux anciens d’une assemblée n’est pas la voie de la compensation. Quand le serviteur tire des revenus d’un commerce dans le temple, ce n’est pas là le moyen de la compensation promise.

Celui qui s’accapare pour vivre des dîmes et des offrandes données par les croyants est un voleur, car ces choses ne sont pas à lui (Malachie 3/8-11). Aucun humain n’est propriétaire des brebis et donc leur laine et leur lait ne doivent lui revenir. Celui qui encourage à lui donner essentiellement parce qu’il enseigne la parole devient un mendiant au nom d’Élohim. Il n’est pas un serviteur digne de HaMashiah.

Au total, aucun système religieux humain de transfert de revenus ou de distribution d’aides à des croyants n’équivaut à la compensation promise par Élohim.

d) Un texte mal interprété

Le texte de Marc 10/30 est mal interprété par les Pasteurs. Il est aussi en Matthieu 19/27-30 :

« Voici nous avons tout quitté et nous t’avons suivi, qu’en sera-t-il de nous ? … Je vous le dis, en vérité, quand le Fils de l’homme au renouvellement de toutes choses sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d’Israël. Et quiconque aura quitté à cause de mon nom, ses frères ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple et héritera la vie éternelle ».

Iéshoua donne ici l’enseignement suivant :

-   On quitte ce qu’on a, à cause de son nom

-   On saisit les promesses relatives aux biens et richesses à venir maintenant, mais on ne vit pas la réalité maintenant.

-   On travaille pour Lui en endurant la condition matérielle modeste dans laquelle il nous a mis (pauvreté et souffrance pour le nom d’Iéshoua),

-   Élohim jugera Ses serviteurs d’abord à la résurrection des justes,

-   Puis Il réalisera Ses promesses de compensation, et au centuple, car Sa récompense est différée.

Le texte présente là les conditions de la compensation qui est un dédommagement, un rééquilibre. Il faut accepter de prendre la porte étroite qu’il a montrée au jeune homme riche, avant d’être récompensé. L’alliance avec Abraham est accompagnée de la grâce de souffrir pour le nom de Iéshoua HaMashiah, Il faut que les princes, fils d’Élohim acceptent d’être pauvres malgré les richesses qui les attendent. C’est cette réalité qu’a vécue Lazare. Mais l’homme riche a vécu le contraire : 

« Mon enfant souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est consolé, et toi tu souffres » (Luc 16/25).

Puisqu’il n’y a pas de compensation actuellement, tous les serviteurs (Pasteurs, docteurs, diacres, etc) doivent imiter Shaoul et Barnabas qui travaillaient de leurs propres mains pour leurs besoins. Les vrais serviteurs doivent assumer leurs responsabilités matérielles par leur propre travail et demeurer dans l’amour et l’attachement à l’œuvre (le service) d’Élohim, car ce sont des fils qu’ils servent leur Père.    Tous ont reçu gratuitement, ils doivent par conséquent donner gratuitement à leur tour.

e) La sortie de route financière au nom de Iéshoua

Il y a de la tromperie quand les Pasteurs partent des promesses de Mashiah pour le temps où toutes choses seront renouvelées, pour faire des calculs financiers dans le présent siècle, afin de séduire leurs ouailles : « Donnez 10$ et vous en recevrez 1000. Donnez 1000$ et vous en recevrez 100 000… Donnez un avion et vous recevrez l’équivalent de cent fois la valeur de cet avion… En résumé, Marc 10.30 est une très bonne affaire ». Ils font une grosse sortie de route, une aberration. Car si Élohim procédait vraiment ainsi avec les économies des chrétiens, Il créerait une surchauffe financière et mettrait l’économie mondiale à mal tout le temps. Les Pasteurs doivent apprendre à leurs fidèles à vivre sur terre et compter sur le fruit de leur travail au lieu de penser à faire des placements miraculeux auprès d’Élohim pour gagner des fortunes maintenant.

Élohim va avec certitude accomplir ses paroles ultérieurement. Les douze ont bien compris Adon Iéshoua. Ils n’ont pas donné (ou quitté) et puis reçu cent fois plus immédiatement, sinon Pierre et Jean auraient de l’argent à donner au mendiant boiteux et les apôtres auraient enrayé par ce mécanisme la situation d’indigence dans l’assemblée de Jérusalem. Celui qui affirme qu’il reçoit des retours d’investissements 100 fois maintenant alors que ce n’est pas encore le temps du renouvellement de toutes choses ou la résurrection des justes, n’est qu’un imposteur.

Ce type d’économie à une rentabilité d’investissement extraordinaire n’est pas de ce siècle-ci, quand même Élohim bénit encore ses serviteurs. En conclusion, la doctrine des récompenses est biblique, mais les Pasteurs de la prospérité en font une application tendancieuse et erronée, même un moyen d’arnaque.

Ben Hachemy

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