La Chrétienté est de tout temps traversée par des courants de pensées.  Le problème actuel, objet de débat dans ce milieu, porte sur le fait que la prospérité matérielle du croyant y est vue par certains comme signe de la présence d’Elohim dans la vie de celui-ci. Cela ramène à trois questions spécifiques, à savoir : 

  1. Le croyant non prospère est-il possédé par des démons ?
  2. Le croyant non prospère est-il dans les liens d’un pacte diabolique ancestral ?
  3. Le croyant non prospère mène-t-il une vie de péché ?

Pour la clarté du débat, il faut définir ce courant de pensée, présenter ses principaux doctrinaires et sa doctrine.

1) La définition de l’évangile de la prospérité

Comme son nom l’indique, l’Évangile de prospérité ou la Théologie de la prospérité est connu pour son insistance sur la prospérité promise aux fidèles : la santé, la richesse et la libération des influences démoniaques. Il a été développé par des personnalités issues du pentecôtisme évangélique aux États-Unis dans les années 60 et 70.

Les pères fondateurs sont des pasteurs texans, comme par exemple Kenneth Copeland, auteur du livre The Laws of Prosperity (1974).

Les personnalités marquantes du mouvement, aux E-U, sont : Kenneth Hagin (Rhèma Bible Church, Tulsa), Kenneth & Gloria Copeland (Forth Worth, Texas), Robert Tilton (Word of Faith Church, Texas) ; Joël Osteen (Lakewood Church, Houston) ; Jerry Savelle (associé de Copeland), Charles & Frances Hunter (City of Light, Texas), Charles Capps (Arkansas), Joyce Meyer (Hand of Hope, Saint-Louis), Creflo Dollar (C.D.Ministries). Leurs écrits font référence et témoignent d’une unité de vue : ils constituent le noyau à partir duquel on peut expliciter et évaluer la théologie de la prospérité, reprise par d’autres en tout ou partie, avec diverses nuances.

Depuis la fin des années 70, on retrouve cet évangile en Amérique du Sud et en Afrique subsaharienne, où elle séduit surtout des pauvres, leur promettant bien-être et bonheur immédiat en échange d’une confiance aveugle accordée aux guides ou pères spirituels – prenant des titres comme : Prophètes, Bishop, Évêque, etc.

2) La doctrine6

Il y a plus d’un siècle, s’adressant à la plus grande congrégation de l’époque, Charles Spurgeon déclara :

« Les chrétiens ne devraient pas chercher à amasser de l’argent. C’est une attitude anti-chrétienne et indigne. On pourrait objecter et dire : « Ne faut-il pas s’efforcer de gagner un maximum d’argent ? » Certes, on pourrait, et ce faisant, servir la cause de Dieu. Mais pour moi, les chrétiens ne devraient pas chercher à amasser de l’argent. »

Malheureusement, avec le temps, cet enseignement est devenu obsolète. On prône, aujourd’hui, dans la plupart des méga églises dans le monde, un nouvel évangile. On l’a tantôt nommé l’évangile du « nomme-le, réclame-le », l’évangile « de la santé et de la richesse », « l’évangile de la prospérité », ou encore « la théologie de la confession positive ».

Voici quelques points saillants de la doctrine de la Théologie de prospérité :

  1. L’alliance conclue avec Abraham donne droit à la prospérité matérielle ;
  2. Le sacrifice de Mashiah rachète aussi le « péché » de la pauvreté matérielle ;
  3. Les chrétiens donnent pour qu’en retour Elohim les comble de biens matériels ;
  4. La foi est une force spirituelle auto-générée qui conduit à la prospérité ;
  5. La prière est un moyen pour forcer Elohim à accorder la prospérité.

Ces points feront l’objet d’analyse dans les prochains articles.

Ben Hashemy

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