Selon le dictionnaire Le Grand Robert, « l’adoration est un culte rendu à une divinité, à des saints, à des choses sacrées ».

Comme tout système, l'adoration répond à des principes et à des lois. Un des principes incontournables est que sans l’invocation du nom de l’Etre adoré, il n’y a pas d’adoration : « Exauce-le, des cieux, du lieu de ta demeure, et accorde à cet étranger tout ce qu’il te demandera afin que tous les peuples de la terre connaissent ton NOM pour te craindre comme ton peuple d’Israël, et que tous les peuples sachent que ton NOM est invoqué sur cette maison que j'ai bâtie. » (1 Rois 8/43).

Le commun des mortels croit que le judaïsant, le musulman, le chrétien et l’animiste adorent tous le même Etre spirituel bien qu’ils ne l’invoquent pas tous par le même nom. Peut-on invoquer différents noms et prétendre adorer la même entité ? C’est à cette question que nous allons répondre.

1) Le nom dans l’adoration

Selon le dictionnaire Le Grand Robert, « invoquer » est un mot qui vient du latin invocare qui veut dire « appeler ». Le dictionnaire Larousse va dans le même sens en définissant le terme « invoquer » par « Appeler une puissance surnaturelle à son aide par des prières » ou encore « Solliciter de quelqu'un de plus puissant, par des prières, une aide, l'expression d'un sentiment. »

Ces définitions mettent une relation étroite entre « invoquer » et « appeler ». Appeler, c’est prononcer un nom. On ne peut appeler un être que par son nom. Celui qui invoque Zeus adore Zeus et, celui qui invoque Adonaï(יהוה) adore Adonaï(יהוה). Pourtant, l’opinion affirme qu’invoquer le nom Dieu, Allah, God, Gnamien, Lago etc. c’est adorer le même Etre. Pour elle, ces appellations ramènent au même Etre spirituel dans les différentes langues. Il en résulte que la différenciation des noms n’a pas d’importance. Or, par définition, le nom propre désigne une personne, une chose, un animal en particulier et ne change pas selon la langue. C’est la règle de la non-traductibilité des noms propres. Traduire Libreville (Gabon) par Freetown parce que « free » veut dire libre et « town » ville, nous conduit dans la ville de Freetown, en Sierra-Leone. C’est pourquoi, Paris se dit Paris en Français comme en Anglais et New-York se dit New-York en Anglais comme en Français. De même, Drogba reste Drogba dans toutes les langues (française, anglaise, chinoise etc.). Georges Kleiber (1981), Professeur de linguistique générale, suivant sa théorie du nom propre comme prédicat de dénomination nous donne main forte en disant : « toute modification aboutit, non à une traduction d’un nom propre, mais à un nouveau nom propre ». (Georges Kleiber, Strasbourg II & CNRS-ERS 125 [Paru en 1995, in NOAILLY M. (éd.), Nom propre et nomination, Paris, Klincksieck, pp. 11-36.]).

Ainsi, si Adonaï(יהוה) est le nom du Créateur il ne peut être traduit par Dieu ou Allah ou Gnamien ou God dans les autres langues car la simple transformation syntaxique du nom donne naissance à un autre nom, ici, à un autre Élohim. C’est pourquoi, le Roi Salomon dans sa prière montre la nécessité pour les autres peuples de la terre à connaître le nom de l’Etre qu’Israël adore avant de l’invoquer : « Exauce-le des cieux, du lieu de ta demeure, et accorde à cet étranger tout ce qu’il te demandera, afin que tous les peuples de la terre connaissent ton NOM pour te craindre, comme ton peuple Israël et sachent que ton NOM est invoqué sur cette maison que j’ai bâtie. »  (1 Rois 8/43).

2) Les dangers liés à la confusion des noms

Dans les Écritures, Élohim interdit d’adorer un autre Élohim en dehors de lui : « Je suis Adonaï (יהוה), ton Élohim, qui t'ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. Tu n'auras pas d'autres Élohim devant ma face » (Shemot 20/2-3). Il défend même de prononcer le nom d’autres Élohim en sa présence : « vous ne prononcerez point le nom d’autres Élohim, qu’on ne l’entende point sortir de votre bouche » (Shemot 23/13). Quiconque le fait, transgresse la loi et, la transgression de la loi, c’est la mort selon qu’il écrit : « le salaire du péché, c’est la mort (…) » (Rom 6/23).

C’est face à ce danger que Ieshoua HaMashiah lui-même a fait connaître le nom du Créateur à ses Limmoudim : « J’ai fait connaitre ton NOM aux hommes que tu m’as donné du milieu du monde » (Iohanân 17/6). Ailleurs, Mashiah dit : « Je leur ai fait connaître ton nom et, je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et que je sois en eux. » (Iohanân 17/26).

Ainsi, si nous nous trompons de nom, au lieu d’adorer notre Élohim, nous adorons une autre entité qui reçoit la gloire que nous voulons donner à notre Élohim. Enfin, la méconnaissance du nom du Créateur amène à la perdition et nous prive du salut selon qu’il est écrit : « Alors, quiconque invoquera le nom d’Adonaï sera sauvé. » (Ioël 2/32).

En définitive, penser qu’invoquer Dieu, Allah, God ou Gnamien c’est invoquer Élohim, c’est commettre une grave faute car ces noms sont ceux d’êtres complétement différents.

Ben-El

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