Pour le commun des mortels, l’argent, cette pièce ou ce billet de banque, est un objet banal qui permet de faire des transactions. Vu sous cet angle, l’argent paraît bien inoffensif dans la mesure où il permet à l’humain de faire face au quotidien. Le problème ce n’est pas l’argent lui-même, car, en lui-même, il est un simple moyen d’échange. Le problème réside dans l’amour que l’homme a pour l’argent allant jusqu’à lui vouer un culte. Ieshoua le définit comme un être capable de rivaliser avec Elohim.

Dans cette société de consommation, l’humain mû par la convoitise, veut posséder une multitude de choses qu’il croit incontournables pour son bonheur. Cette boulimie va pousser les hommes à vouloir amasser le plus d’argent possible. En réalité, cette boulimie est suscitée par un être mystérieux mentionné par Ieshoua alors qu’il s’adressait à ses disciples regroupés autour de lui il dit: 

« Nul ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre : vous ne pouvez servir Elohim et Mammon. » (Mathieu 6/24).

Ce passage mentionne un nom étrange, il s’agit de Mammon. Qui est ce Mammon ?

Dans cet article, il sera question de faire la lumière sur l’identité de cet être afin que chacun sache à quoi s’en tenir à chaque fois qu’il lui sera confronté.

1. Lumière sur un être mystérieux dénommé Mammon

Mammon serait un mot d’origine araméenne, signifiant « richesse ». Son étymologie est obscure. Pour certains, il est proche de l’hébreu Matmon qui signifie trésor, argent. D’autres au contraire le rapprochent du phénicien Mommon qui signifie bénéfice. Le Talmud fait référence à Mammon comme étant la possession matérielle élevée au rang d’un être adoré. De toutes ces définitions on retient que Mammon est la richesse matérielle considérée comme source de sécurité pour les humains et qui s’oppose à Elohim. Elevée au rang d’une entité spirituelle, un être du monde invisible, objet d’adoration

La quasi-totalité des humains, Mammon est l’un des camouflages de Satân sous lequel il séduit les humains. Qui est cet être ? Dans la déclaration d’Ieshoua à ses disciples il dit : « nul ne peut rendre un culte à Elohim et rendre un culte à Mammon ». Ici, l’adôn Ieshoua met directement Mammon en opposition avec Elohim. Un seul Être s’est toujours opposé à Elohim : c’est Satan. On comprend en définitive que Mammon n’est autre que Satan, l’ennemi juré d’Elohim. Mammon est donc une autre appellation de Satan.

2. Aimer l’argent c’est rendre un culte à Satân

 Placer sa confiance en l’argent, c’est vouer un culte à Satan. La difficulté c’est de réussir à comprendre cette subtilité d’entrer en contact avec l’argent sans être un adorateur de Mammon. « L’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître ». Là se trouve toute la différence. Utiliser l’argent c’est en faire son serviteur mais vivre dans l’amour excessif de l’argent c’est en faire son maître. Si donc l’argent est ton maître alors c’est Mammon et en définitive Satan qui règne sur toi. Ce discours passe mal aujourd’hui car tout le monde cherche à gagner de l’argent, le seul moyen de se faire respecter par les hommes.

3. Les adorateurs de Mammon

Tous les humains aspirent au bien-être, or dans ce bas monde Satân a rendu l’argent et l’aisance matérielle incontournables. Aspirer donc au bien-être correspond à entrer en compétition pour amasser le plus de richesses possibles. Cette compétition conduite de façon raisonnable n’équivaut nullement à une adoration de Mammon. Seuls sont considérés comme adorateurs de Mammon ceux qui ne vivent que pour l’accumulation des richesses. Richesses qu’ils considèrent comme source de sécurité. Ces individus généralement ne croient en rien seul l’argent est leur boussole. Autant certains individus croient en Elohim, Dieu ou Allah, l’adorateur de Mammon ne place sa confiance qu’en ses richesses qu’il s’évertue à pérenniser.

4. Les prêtres de Mammon

Les adorateurs de haut vol, ceux qui ne vivent que pour et par Mammon ce sont eux les prêtres de Mammon. Le prêtre de Mammon c’est celui qui accumule richesse sur richesse. Il n’a ni le temps ni la force pour faire autre chose que de chercher à augmenter et à pérenniser ses richesses. Il ne donne rien à personne y compris à lui-même de peur de voir ses avoirs diminuer. Il préfère de loin vivre une vie d’indigent que de devoir dépenser son argent. Véritable avare, il meurt souvent en laissant derrière lui une fortune colossale de laquelle une petite quantité prélevée aurait pu lui sauver la vie. Son rôle comme tout bon sacrificateur est d’assurer son office avec fidélité et rigueur. Il reste sourd aux récriminations.

5. Mammon, la seule valeur qui compte

Prenant appui sur la quête légitime de l’humain de parvenir au bonheur, Satân va lui faire miroiter les richesses du monde et le convaincre que seule la possession de ces choses peut faire de lui un homme heureux. C’est ce Mammon qui va asservir l’homme et lui faire aimer l’argent. La société tout entière est gangrenée par ce fléau, le riche est vu comme quelqu’un de supérieur, d’important tandis que le pauvre est perçu comme un inférieur, un « loser ». Ayez des problèmes d’argent et vous comprendrez quel mépris la société réserve à ceux qui ont ce malheur.

A l’inverse celui qui est riche, qui peut s’acheter la dernière Ferrari et qui porte une montre en diamant sera, idolâtré et même adoré. Il n’est pas rare de nos jours de voir les cadets fortunés recevoir dans les assemblées, les honneurs dus aux ainés qui ont le malheur d’avoir peu de chose. Les voleurs et truands de tout acabit reçoivent honneur et gloire quand les honnêtes citoyens sont vilipendés, traités comme les balayures du monde. De quoi faire mentir Oscar Wilde qui déclarait fort à propos : « La vraie valeur d’un homme réside, non dans ce qu’il a, mais dans ce qu’il est ».

C’est à dessein que les choses fonctionnent ainsi. Satân en agissant de la sorte, pousse les hommes qui n’ont pas les moyens et qui de ce fait sont méprisés à se battre pour en sortir. C’est alors dans une lutte acharnée qu’ils s’engagent pour sortir de ce qu’ils considèrent comme la source de leur opprobre c’est-à-dire la pauvreté. Gagner de l’argent n’est pas mauvais en soi mais ce qui pose problème c’est l’amour de l’argent « Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans biens des tourments. » (1 Timothée 6/10).

Ceux qui ont passé beaucoup de temps dans la misère et qui ont lutté pour s’en sortir deviennent souvent la proie de Mammon. Ils veulent toujours plus et surtout, ils veulent à tous prix conserver les richesses qu’ils ont pu acquérir pour ne plus connaitre le mépris. C’est un piège de Satan de les pousser à l’adoration de l’argent. Ils ont traversé l’épreuve et n’en n’ont gardé que de mauvais souvenir ils ne peuvent pas déclarer comme Shaoul (Paul) :

« Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette » (Philippiens 4/12) 

6. Les méfaits de Mammon  

L’argent est un excellent outil de manipulation des hommes cupides. Même les hommes de bonne moralité peuvent être corrompus avec de l’argent. Mammon mieux que quiconque l’utilise pour détruire des projets, des vies, des familles, des mariages. Avec l’argent, on achète les consciences, on fait tomber les barrières et accéder à des lieux élevés de la société. Avec de l’argent, l’enfant qui a échoué à un concours peut être déclaré admis sans aucun problème. Des services religieux sont vendus, des bandits sont payés à grand prix pour attenter à la vie des hommes.

C’est sans doute pour cette raison que l’Ecclésiaste a déclaré : 

« L’argent répond à tout » (Ecclésiaste 10/19b).

L’adage ne dit-il pas que l’argent c’est la clé du monde ? Des personnages bibliques ont succombé devant Mammon. Il s’agit du riche qui échafaudait des plans d’avenir (Luc 12/16-21), de Balaam le devin (Nombres 22/18 ; Nombres 23/8 ; Deutéronome 7/7-8), de Guéhazi cupide serviteur d’Elisée (2 Rois 5/20-27), de Judas Iscariot qui livra Ieshoua contre trente pièces d’argent (Mathieu 26/14-16), du jeune homme riche qui n’a pu quitter sa fortune pour suivre l’Adon Ieshoua comme il avait souhaité (Marc 10/17-26). Tous ont été victimes de Mammon.

On le voit, Mammon envoûte les hommes, ces derniers finissent par développer une sorte d’addiction, de dépendance vis-à-vis de l’argent. Devenus esclaves ils se mettent à convoiter plus, à idolâtrer l’argent et sont rendus incapables de s’en passer comme le drogué ne peut se passer de sa drogue. C’est le stade suprême où l’individu tel un malade ignore son état et pense même que ce sont les autres qui sont à plaindre. Comment alors sortir de cet imbroglio ?

7. La porte de sortie

Comme nous l’avons déclaré plus haut, l’argent en soi n’est pas un problème, c’est le rapport que l’humain entretient avec lui qui peut être source de difficultés. L’argent lui-même, tout comme tout ce qui existe ici-bas, est la propriété d’Elohim selon qu’il est dit dans Aggée : 

« L’argent est à moi, et l’or est à moi dit Adonaï Tsévaoth » (Aggée 2/8).

Si tout appartient à Elohim, il est l’unique dispensateur et sait quand t’en donner et quand t’en priver. Cette réalité Job l’a compris qui fit cette réponse à sa femme qui lui reprochait son intégrité dans l’épreuve : 

« Tu parles comme une femme insensée. Quoi ! Nous recevons d’Elohim le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! » (Job 2/10).

Il est bon d’avoir de l’argent mais il faut savoir que l’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître. La difficulté c’est de savoir quelle place l’humain doit chercher à occuper ; maître ou esclave ? Le maître c’est celui qui ne vend pas comme Esaü son droit d’ainesse contre quelques pièces d’argent ou quelques billets de banque. Il est impérieux que l’humain comprenne que derrière l’argent se trouve Satân. Se rendre dépendant de l’argent c’est rendre un culte à Satân. Quelle que soit la quantité d’argent accumulée son possesseur ne pourra jamais prendre cet argent pour son appui. Le livre des proverbes déclare : 

« Confie-toi en Adonaï de tout ton cœur et ne t’appuie pas sur ta sagesse, reconnais le dans toutes tes voies et il aplanira tes sentiers » (Proverbes 3/5-6).

Au total, se laisser conduire par la convoitise des richesses de ce bas monde c’est de la folie, de la vanité et l’Ecclésiaste a bien raison qui a déclaré : 

« Vanité des vanités tout est vanité et poursuite du vent » (Ecclésiaste 1/2).

Seul Elohim est notre trésor et seul lui a droit à l’adoration. Ignorer ce minimum, c’est opter pour la poursuite du vent. Apprenons comme Shaoul (Paul) à vivre dans l’humiliation et dans l’abondance. En tout et partout apprenons à être rassasiés et à avoir faim à être dans l’abondance et à être dans la disette (Philippiens 4/12).

Fuyez la gourmandise, la gloutonnerie pour devenir tempérants, sobres. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

Le Scribe