Dans un article publié en ligne le 16 Novembre 2018 sous le titre « Le purgatoire est-il une invention catholique ? », Mathieu Boucart l’auteur dudit article, présente le purgatoire de la façon suivante : 

« Le purgatoire selon l’enseignement de l’église catholique, est un état de purification accordé par Dieu à tous ceux qui, bien que sauvés par leur foi en Jésus-Christ, auraient encore besoin d’être lavés des conséquences de leurs fautes, et purgés des mauvaises habitudes contractées par leur péché. Cette troisième destination n’est en rien comparable au paradis ou à l’enfer, puisqu’à la différence de l’un et de l’autre, le purgatoire ne durera qu’un temps ; il n’est pas éternel et cessera d’exister à la fin des temps. Le purgatoire n’est donc pas une troisième voie alternative au paradis et à l’enfer. Il est le « sas » qui conduit l’homme sauvé de l’ombre de son péché à la pure lumière de Dieu. » Et de poursuivre : « Ne sont donc admis au purgatoire que les sauvés. Le purgatoire n’est nullement une session de rattrapage pour ceux qui auraient vécu leur vie terrestre égoïstement, dans le mépris de Dieu et des hommes. ceux-là devront assumer pour l’éternité devant Dieu les conséquences de leurs actes. »

Dans ce présent article, nous nous assignons pour objectif, de démontrer que ce dogme est une pure hérésie sortie tout droit de la tête de Lucifer avec pour but inavoué de banaliser et de mépriser le sang et l’œuvre de HaMashiah. Pour cela, il sera nécessaire de présenter dans un premier temps les arguments des catholiques, les soumettre ensuite à la critique avant de parvenir à la claire conclusion que ce dogme n’est ni plus ni moins qu’une invention du diable.

1. Les arguments des Catholiques

Cette croyance dans l’existence du purgatoire est un dogme de l’église catholique. C’est-à-dire : une vérité considérée comme incontestable dans l’église. Deux conciles vont affirmer très explicitement ce dogme. Il s’agit des conciles de Florence (1439) et le concile de Trente (1545-1563) Le concile de Florence déclare : 

« Nous déclarons que les âmes des véritables pénitents, morts dans la charité de Dieu, avant que d’avoir fait de dignes fruits de pénitence pour expier leurs péchés de commission ou d’omission, sont purifiés après leur mort par les peines du purgatoire ».

Celui de Trente ajoute : 

« Si quelqu’un dit qu’à tout pécheur pénitent qui a reçu la grâce de la justification, l’offense est tellement remise et l’obligation à la peine éternelle tellement effacée et abolie, qu’il ne lui reste aucune peine temporelle à payer, soit en cette vie, soit en l’autre dans le purgatoire, avant que l’entrée au royaume du ciel puisse lui être ouverte, qu’il soit anathème »

Ces deux déclarations sont prétendument considérées par la hiérarchie catholique comme ancrées dans les écritures saintes mais aussi dans la pratique dans le judaïsme et des premiers croyants.

a) L’arbitrage supposé des saintes écritures

Mathieu 12/32 : « Si quelqu’un parle contre l’Esprit-saint, cela ne lui sera pardonné ni dans cette ère ni dans celle qui vient »

Les Catholiques déduisent de ce passage qu’il y a des péchés qui peuvent être pardonnés dans cette ère- ci (par le sang de Mashiah) et des péchés qui ne peuvent être pardonnés que dans l’ère qui vient. Ils considèrent que par ère qui vient, il ne peut s’agir que du paradis ou de l’enfer. Or, au paradis tout est déjà pardonné et en enfer, il n’y a plus de possibilité de pardon. Il ne peut être question ici que du purgatoire. A ce propos le Pape Grégoire le Grand (540-604) affirmait déjà : 

« Pour ce qui est de certaines fautes légères, il faut croire qu’il existe avant le jugement un feu purificateur, selon ce qu’affirme Celui qui est la vérité, en disant que si quelqu’un a prononcé un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni dans ce siècle-ci, ni dans le siècle futur (Math 12/31). Dans cette sentence nous pouvons comprendre que certaines fautes peuvent être remises dans ce siècle-ci, mais certaines autres dans le siècle futur » (Dialogues 4/39)

1 Corinthiens 3/13-15 : « Cette révélation se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun. Si l’ouvrage construit par quelqu’un résiste, celui-ci recevra un salaire ; s’il est détruit par le feu, il perdra son salaire. Et lui-même sera sauvé, mais comme s’il était passé à travers un feu ».

L’interprétation catholique de ce passage est que le feu dont il est question ici n’est pas celui de l’enfer car l’enfer ne conduit pas au salut. Il ne peut non plus s’agir du paradis où il n’y a plus de destruction. Ce passage, selon eux ne peut avoir de sens qu’en référence au purgatoire, qui se présente comme ce feu « salant » l’homme sauvé (Marc 9/49), et détruisant ce qui est mauvais dans son ouvrage pour ne conserver que ce qui résiste.

b) La pratique  dans le judaïsme et des premiers croyants

Dans le judaïsme disent-ils, il y a une prière adressée à Dieu pour l’âme de ceux qui se sont endormis. Si on considère que ceux qui se sont endormis sont au paradis, il est clair qu’ils n’ont plus besoin de prières pour leurs âmes. SI à contrario ils sont en enfer, aucune prière ne peut les délivrer de ce lieu de condamnation. Ainsi les juifs par leur pratique de la prière pour les morts connaissaient l’existence du purgatoire même s’ils en ignoraient le nom.

Il est rapporté que dans les catacombes romaines, des graffitis ont été trouvés qui étaient l’inscription de prières pour les morts que ces premiers croyants ont composées. Les catholiques en concluent que leurs pères dans la foi croyaient en la réalité du purgatoire même s’ils n’en avaient pas le mot.

Dans ses confessions, Saint Augustin rapporte que sa mère Sainte Monique, peu avant de mourir lui fit la requête de se souvenir de son âme à chacune de ses messes. (Confessions 9.11) Les catholiques considèrent donc qu’une telle requête n’aurait pas de sens si Monique ne croyait pas que son âme pouvait être aidée par des prières.

2. Critique des arguments des catholiques

a) L’arbitrage supposé des saintes écritures

Mathieu 12/31-32

Voici ce que déclarent exactement le passage du livre de Mathieu cité plus haut : 

« C’est pourquoi je vous le dis : tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir. » (Mathieu 12/31-32).

Ce verset souligne le caractère définitif de la sentence contre le coupable de blasphème contre le Saint Esprit. Il ne s’agit pas d’indiquer que des péchés sont pardonnés du vivant d’un homme et que d’autres sont pardonnés après la mort de ce dernier. Quand un homme déclare : « je ne lui pardonnerai cela ni aujourd’hui ni demain » il faut comprendre : 

«  Je ne lui pardonnerai JAMAIS » De plus la Bible indique deux destinations à l’âme d’un mort : le sein d’Abraham et le séjour des morts appelé Shéol en Hébreu. (Luc 16/22-23)

Il n’est nullement fait mention d’un purgatoire dans la Bible. Du reste, le salut est définitif selon qu’il est écrit : 

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit en celui qui m’a envoyé, a la vie en pérennité et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie ».

Sur cette base donc celui qui croit est un homme qui a changé de camp, il a quitté le camp de la mort dans lequel il vivait avant de croire pour un nouveau camp, celui de la vie. Affirmer qu’un croyant en Mashiah a encore des péchés à purger c’est ignorer qu’il est l’agneau d’Elohim qui ôte le péché du monde.

1 Corinthiens 3/13-15   

Il faut aller plus haut dans le chapitre c’est-à-dire à partir du verset 12 ce qui donne ceci : 

« Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’œuvre de chacun sera manifestée ; car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun. Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. »

Il faut vraiment avoir l’esprit retors pour lier ce passage à quelconque purgatoire. Ce qu’il faut savoir, c’est que dans le Méshihisme tout comme dans le judaïsme toute purification se fait par le sang et non par le feu : 

« Et presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. » (Hébreux 9/22).

Iéshoua HaMashiah a racheté l’humanité par son sang et cela est largement suffisant. La purification par le feu est une pratique étrangère à la Bible qui du reste condamne les adeptes de ces choses : 

« Tu diras aux enfants d’Israël : si un homme des enfants d’Israël ou des étrangers qui séjourne en Israël livre à Moloc l’un de ses enfants, il sera puni de mort : le peuple du pays le lapidera. » (Lévitique 20/2).

C’est dans le culte solaire que le soleil, représenté par le feu, sert à la purification. Dans son ouvrage intitulé « Le savoir perdu des anciens, Elias Artista écrit : 

« Le feu, l’eau, la terre agissent comme agent purificateur. Dans les civilisations antiques le corps, enveloppe corporelle, est ainsi incinéré pour le purifier et lui permettre d’atteindre le pays des dieux, libre de toute consistance impure. »

b) Pratique dans le judaïsme et des premiers croyants

Dans le judaïsme la prière dite pour les morts est une récitation de kaddish faite dans le but   d’élever le mérite des endormis et non pour leur permettre de se purifier afin de parvenir au paradis. Il en est de même des prières écrites par les martyrs des catacombes dont le contenu n’a pas été révélé pour permettre au lecteur de se faire une opinion. Passons sous silence les prières demandées par Sainte Monique à son fils Augustin.

3. Le dogme du purgatoire une hérésie destinée à banaliser et à mépriser le sang et l’œuvre de Mashiah

Le salut dans le Méshihisme est gratuit et définitif :

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Mashiah » (Romains 8/1).

C’est l’œuvre d’un sauveur qui s’est proposé sans contrainte de venir mourir à la place des condamnés à mort : 

« Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Esaïe 53/5).

Cette œuvre de rédemption n’était nullement une partie de plaisir ; il l’a accomplie au prix de sa vie, dans l’humiliation, la douleur et le mépris. L’on ne peut pas venir après cette douloureuse mission y trouver une limite. C’est cette œuvre colossale qu’il a accompli tout seul. Il s’est chargé des péchés du monde au point de devenir lui-même péché selon qu’il est écrit : 

« Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice d’Elohim. » (2 Corinthiens 5/21).

Etant devenu péché il fallait alors qu’il reçoive son salaire c’est-à-dire la mort, la mort dans la géhenne. L’église catholique connait du reste cette réalité puisqu’elle l’a inscrite dans son crédo : «…A été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité…» Ainsi donc si le péché a été ôté du monde et détruit dans la géhenne de quel autre péché l’homme sauvé doit-il encore être purifié dans le purgatoire ?

Au total le croyant est en totale sécurité et n’a nul besoin d’aller dans un quelconque purgatoire pour se purifier. C’est cela la stricte vérité et pour citer Shaoul ne disons : 

« Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : Si quelqu’un vous annonce un autre évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Galates 1/8-9).