L’Afrique a été colonisée politiquement et économiquement. Elle a connu aussi une colonisation spirituelle. Autant la colonisation politique n’a pas envoyé le développement, autant la colonisation spirituelle n’a pas apporté la Kéhilah de Iéshoua HaMashiah.  Les églises issues de la colonisation tout comme celles nées en Afrique ne sont pas la Kéhilah dont a parlé l’Adôn Ieshoua HaMashiah.

1) La colonisation religieuse

La colonisation économique a consisté à exploiter les colonies. Les métropoles ont  pompé les matières premières, les sources d’énergie et ont transformé les colonies en débouchés pour leurs industries.  L’objectif était de conforter et fortifier ce qui ne marchait pas bien chez eux. Les colons ne se souciaient ni de la déstructuration de la colonie, ni des peines causées aux populations locales. Seule comptait pour eux la grandeur de la métropole. Cette exploitation des colonies a conduit à des situations de sous-développement que les analystes tels René Dumont et Samir Amin ont qualifié de « mauvais départ et d’étranglement » pour le premier et de « blocage » pour le second.  Au total, le développement de la métropole était pensé en Europe et quelques tâches confiées à la colonie.

La colonisation religieuse a abouti aux mêmes résultats. Elle n’a pas apporté la Kéhilah (communauté) de Iéshoua HaMashiah en Afrique. Elle a plutôt implanté des succursales des centrales spirituelles existant en Europe (Catholicisme et Protestantisme). A l’image du partage géographique de l’Afrique par les politiques, les centrales religieuses se sont aussi répartis les espaces en Afrique.

Les Européens n’avaient ni la vérité de Ieshoua HaMashiah ni la volonté de conduire les Africains au Meshihisme tel que Iéshoua l’a laissé à ses Shlihim (Apôtres).   Cette vérité ils s’en sont débarrassés depuis la création de l’Église Catholique. Les protestants ne l’ont pas retrouvée malgré leurs contestations avec leurs frères catholiques. Ensemble, ils ont produit en évangélisant en Afrique  un paysage religieux marqué par deux modèles : le modèle catholique et le modèle protestant.

Le modèle catholique ou latin a consisté à imposer la spiritualité produite en Europe directement. Ce direct rule spirituel est un grand centralisme avec le dirigisme du Pape. Il ne laisse aucune liberté au croyant. Les Africains reçurent des fêtes qu’ils ne comprirent point, des pratiques qu’ils ne purent éprouver en sondant les Écritures. Le culte fait en Latin ne leur laissait que  le rôle de répondre par des « Amen ! ». 

Le modèle protestant ou germain suit la logique de l’indirect rule spirituel. Il rompt avec le centralisme latin pour quérir le participe du croyant.  L’Europe fait entrer l’africain dans la division spirituelle tout en prêchant l’amour et l’unité comme message du Christ.

En résumé, le visage de ces églises ne peut aucunement rassurer avec  les divisions et l’hérésie. Ces traits montrent que la Kéhilah n’est pas construite par la colonisation religieuse. C’est contre cette déviation que des africains tentèrent de redresser la barre. Mais ils n’ont pas pu implanter la Kéhilah de Ieshoua HaMashiah. Ils ont, par processus de syncrétisme, ajouté la spiritualité africaine à la spiritualité occidentale toutes deux étrangères aux Écritures.

2) L’apparition des religions locales

Il est apparu des volontés de démarrage spirituel autonomes en Afrique. Certains exemples sont lointains, celui de Jean-Baptiste Kibangou au Congo, d’Oshofa au Bénin. Mais sur le territoire ivoirien, nous avons les cultes du Harrisme, d’Adayé, de Papa Nouveau, de Déhima, de Kocanbga et de  Dja Lapalo etc. Ces deux derniers sont allés autrement loin pour faire produire à l’Afrique le messie.

Les défauts des cultes locaux et des cultes importés se résument en la non connaissance du Vrai Élohim, de l’ignorance de la voie de la nouvelle naissance. Ils sont loin de la Kéhilah d’Élohim et ne peuvent prétendre conduire une âme au salut et à l’enlèvement.

3) Une évaluation de l’œuvre chrétienne en Afrique

La Kéhilah de Iéshoua HaMashiah est fondée sur des bases et a des traits précis. Ainsi nous pouvons comparer quelques traits de la Kéhilah de Iéshoua HaMashiah aux traits de la triade catholique, protestante et syncrétiste pour juger de leur conformité au modèle laissé par Ieshoua HaMashiah à ses Shlihim.

Serge Demorier a clairement traité de l’éloignement de l’Église occidentale (Catholique et Protestante) de la Kéhilah de Ieshoua HaMashiah. Voici ce qu’il dit : « Une brève étude comparée des deux textes qui donnent les formulations de la profession de foi dans ces deux religions, montre bien que ces deux communautés sont bien distinctes dans leur fond rien que par ce seul élément. La Kéhilah de Ieshoua HaMashiah adore Élohim tandis que l’église catholique adore DIEU, une entité que les croyants de la période apostolique ont ignorée, mais connue dans les cultes païens sous diverses appellations : Zeus, Jupiter, Mercure, etc. dans l’empire romain  (actes 14/8-18). On note également que les deux formulations (la profession de foi) ne procèdent pas des mêmes faits. D’un côté, la Rouah HaKodesh affirma par Kéfa, la vraie identité de Ieshoua Hanostri. De l’autre côté, l’esprit humain (un concile) trancha le débat sur la même question de l’identité de Ieshoua Hanostri. » (Extrait de L’Église Catholique est une grosse imposture 1)

La critique faite par Demorier sur l’Église catholique est valable pour l’Église Protestante. Les deux sont loin de la Kéhila de Ieshoua HaMashiah par la profession de foi et par l’Être adoré. Les églises africaines se sont fourvoyées par leur méthode. Elles ont ajouté la spiritualité africaine à l’hérésie occidentale pour créer une nouvelle voie. Cette double déviation les a sorties de l’Écriture pour les mettre sur une piste spirituelle inconnue de tout continent.

Au total, l’Afrique a entendu parler de la Kéhilah de Ieshoua HaMashiah mais n’a reçu que des impostures. L’Africain a bu à un vin d’étourdissement dont il doit être délivré. C’est une condamnation à l’adoration de Dieu et subir les conséquences de cette perdition. Il n’a pas la vie, et ne peut pas participer à la préparation pour l’enlèvement même quand il y croit. Dans la progression spatiale spirituelle, l’Afrique est restée en marge. Elle est  dépendante  des centres occidentaux qui sont incapables de lui indiquer le chemin. C’est du désastre. Face à ce désastre,  nous disons que la Kéhilah de Ieshoua n’est pas arrivée en Afrique. C’est un rendez-vous manqué.

Source de la photo : http://www.civox.net/Le-christianisme-l-opium-des-peuples-africains_a1610.html

Ben Hashemy

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