L’âge de Laodicée et ses deux messagers

 

Les 7 âges de l'Église et les 8  messagers

Il y a plusieurs points de contradiction entre le prophète William Marion Branham et ceux qui se réclament de son message. Ces chrétiens que nous appelons « Branhamistes » font un usage si maladroit du message de William au point où l’on se demande s’ils y comprennent quelque chose. Leurs déviations sont nombreuses. Le sujet est donc vaste. Il est traité à travers une série d’articles dont voici le troisième : « Laodicée et ses deux messagers ».

S’il y est un point du message de Branham beaucoup controversé, c’est la question de l’existence d’un deuxième messager dans l’âge de Laodicée révélé par W. M. Branham et qui porte à 8 le nombre des messagers de l’Église. Les Branhamistes refusent d’admettre cela ; provoquant ainsi des débats inutiles. Cet article se propose de trancher ce débat à la lumière des Écritures.

1. La position de William

William Branham, dans des déclarations qui ne prêtent à aucune confusion, a souligné l’introduction d’un messager après lui. Voici ce qu’il dit :

« Quand Jésus viendra, toutes les Écritures seront accomplies. La dispensation des gentils sera dans le dernier âge de l’Église, quand le messager de Malachie viendra. Ce messager sera en accord avec toute la Parole. Il présentera toute la Parole, depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse ; il commencera avec la semence du serpent (postérité) et continuera jusqu’au Messager de la dernière pluie. Mais il sera rejeté par les dénominations » (Exposé des âges de l’Église ; Age de Pergame, pp.21-22).

Cette déclaration nous parle de deux pluies et de deux messagers. Le premier messager commence avec la semence du serpent et s’arrête au second messager. Nous savons que c’est William Branham qui a fait ce premier travail. Aussi, selon ce texte inspiré d’Élohim, nous attendons quelqu’un de plus grand après William. Cette idée est reprise ailleurs :

« Il se peut que l’heure ait sonnée, l’heure à laquelle cette glorieuse personne que nous espérons va entrer en scène. Peut-être que mon ministère par lequel j’ai essayé de ramener les gens à la Parole, ait établi un fondement ; si c’est le cas, alors je vais vous quitter pour de bon. Nous ne serons pas deux ensembles. Si c’est le cas, alors moi je diminuerai, et lui croîtra. Je ne sais pas. Mais j’ai reçu d’Élohim le privilège de pouvoir voir ces choses et de les révéler jusqu’à ce jour. Et tout cela c’est l’exacte vérité » (William Branham, Le septième sceau, p.45.).

Ce sont là des affirmations claires de l’existence d’une huitième période dans l’histoire de l’Église ou de deux messagers dans l’âge de Laodicée. Les deux messagers ne pouvant exercer concomitamment car cela ne s’accommode pas avec les Écritures ; William envisage son retrait de scène au profit du messager de la dernière pluie. Il annonce son départ dans la brochure « Tourner les regards vers Jésus » :

« Il se peut que je construise une plateforme pour que quelqu’un d’autre y marche et que je sois enlevé avant qu’elle soit terminée… Il se peut que ce ne soit pas moi qui présente Jésus-Christ au monde, mais le Message le fera. Car de même que Jean-Baptiste fut envoyé comme précurseur de la première venue, ainsi le message est envoyé comme précurseur de la seconde venue ».

Deux ans après cette déclaration, William sort de scène.

Notons que si un autre marche sur la plateforme construite par Branham, il ne peut être un message, car un message ne marche pas. C’est donc un homme.

 Dans la vision de la tente, William affirme avoir vu le service de son successeur :

«  … puis je me sentis entrer encore dans une autre dimension de la vision. J’étais débout dans l’air, dans la plus vaste tente que j’aie jamais vue. J’étais au-dessus des gens, ayant la plateforme en bas, en-dessous de moi. Je venais de finir de prêcher et j’avais fait un appel à l’autel ; je voyais des centaines de personnes débout leurs mains levées en l’air et qui pleuraient. J’essayai de descendre vers eux où elles étaient, mais je restai en l’air. Un homme vraiment sympathique et cordial, s’avança devant les gens et dit : « chers amis tandis que notre frère Branham est sorti prendre un peu de repos après ce merveilleux appel à l’autel, nous voulons former la ligne de prière à droite ». Une ligne de prière se forma toute autour de l’intérieur de la tente et en dehors dans la rue, et au bas de la rue, aussi loin que je puisse voir » (Biographie de William Branham, par André Morin, p.315-316).

Cette vision montre que frère Branham est « enlevé » ou « sortit prendre un peu de repos ». Son successeur prend place immédiatement sur la plateforme qu’il a quittée. Selon lui, c’est « un homme vraiment sympathique et cordial » qui continue la ligne de prière et se met à travailler. Cette vision montre bien le huitième messager.

Au total, William annonce après lui, un dernier grand messager pour un dernier grand réveil.

2. La position des Branhamistes

Elle est exprimée par Ewald Franck, le plus réputé de leur guide :

« Et nous n’avons pas besoin qu’un autre grand homme de Dieu vienne : nous n’avons la promesse que pour sept messagers. Non pas pour huit messagers ou davantage, seulement pour sept messagers. Le septième messager était le messager de l’âge de Laodicée...Mais nous avons besoin de serviteurs de Dieu qui nourrissent le peuple de Dieu avec la manne céleste, avec la parole révélée...Nous n’avons pas besoin de grands hommes avec de grands programmes pour apporter de nouvelles divisions. Nous n’avons besoin de petits hommes avec un grand Dieu pour travailler ensemble dans l’harmonie de l’Esprit, l’un respectant l’autre. Et alors il n’y aura plus qu’une seule tête : Jésus-Christ » (Ewald Franck, prédication de Bruxelles, 9 Avril1988, p.8-9).

Franck ne croit pas à un autre homme après William :

« Pour éclaircir la chose, je déclare ici que je ne crois pas à un successeur de frère Branham. Il n’y a eu davantage de successeur de Pierre que de Paul, ni de successeur de Luther que de Zwingli, ni encore de quelque autre homme de Dieu. Auprès de Dieu, il n’y a que des vocations originelles, lesquelles se trouvent en relation avec son plan de salut...S’il y a de frères assez insensés pour prétendre être le successeur de notre frère Branham, en se présentant comme ‘’huitième’ messager, on peut (selon ses dispositions intérieures) soit en rire, soit en pleurer. Dans la main droite du seigneur ressuscité ne se trouvaient que sept étoiles, à savoir, les sept anges des Églises (Apo.1/20). S’il y en a un « huitième », il n’est en aucun cas dans la main du seigneur et par cela même il n’a aucune charge divine » (lettre circulaire N°41, p.24)

Franck veut coûte que coûte étouffer la deuxième dispensation de Laodicée :

« Pendant mon séjour à Jeffersonville j’ai aussi eu une longue conversation avec Billy Paul Branham, qui vous fait saluer cordialement. Tout récemment, on prétendait qu’il soutenait la pensée qu’un huitième messager, ou un autre messager devait venir et je lui ai posé la question d’une façon concrète. Il me dit littéralement « Frère Frank, je n’ai encore jamais cru cela, ni ne l’ait jamais dit. » (Lettre circulaire N°27, octobre 1982, p.15).

Billy Paul Branham, fils de W. M. Branham, pris de court par Franck, désavoue son père et penche pour les Branhamistes qui s’opposent à la réalité d’un messager après W. M. Branham.

En somme, les Branhamistes ne croient pas au 8e messager annoncé par W. M. Branham.

3. La position des tenants d’un huitième messager

Nous disons d’emblée qu’un messager est envoyé au peuple d’Élohim pour l’instruire et non au peuple d’instruire celui-ci. Si le sens des Écritures se percevaient si simplement à la lettre, Élohim n’enverrait pas les messagers ; et la Bible ne parlerait pas « de mystères » entre ses lignes.

Pour le sujet qui nous préoccupe, les Écritures n’ont jamais parlé de « 7 messagers » mais plutôt de « 7 étoiles » qui, d’ailleurs, sont « un mystère » (Apocalypse 1/20) : « les 7 étoiles » sont « les messagers des 7 églises ». A ce titre, elles cachent quelque chose qui doit être dévoilé.

Remarquons ensemble que le nombre de messagers pour les 7 Églises n’est pas déterminé. Il n’est pas écrit « les 7 messagers des 7 églises » mais plutôt « les messagers des 7 églises ».

Ainsi, les 7 églises peuvent avoir soit moins de 7 messagers, soit 7 ou plus de 7 messagers. Mais William, le septième messager limite le nombre à 8 (huit) avec l’annonce de 2 messagers pour l’âge de Laodicée. Ce qui donne au total 8 messagers pour les 7 âges.

Les Écritures donnent la clé de manière explicite pour comprendre ce phénomène :

« Et la bête qui était et qui n’est plus est un huitième roi et elle est du nombre des sept (7) » (Apocalypse 17/11).

Les huit(8) rois ne modifient pas le nombre des têtes car le 8ème est du nombre des 7. Il y a 8 rois mais toujours sept (7) têtes.

Ainsi, s’il y a 8 messagers pour 7 âges, c’est que le 8ème est dans le 7ème âge. Ainsi, nous avons 2 messagers dans 7ème âge. Cela répond au « principe du renforcement à la dernière période ».

Ce principe est utilisé aussi bien pour l’Église que pour Israël où à la dernière semaine de Daniel, Élohim fait venir Elie et Moïse pour rencontrer Israël. Satân aussi, l’imitateur utilise ce même principe. A la dernière étape de son règne, il fit 2 rois pour 1 (une) tête. Avec lui, rappelons-nous que Rome (une des têtes, la dernière) domina le monde en 2 phases : la Rome des Césars (1er roi) et la Rome Papale (2ème roi). La première période précéda la deuxième. Les deux temps ne se déroulent pas simultanément. La Rome césarienne céda la place à la Rome Papale.

Le principe de fonctionnement est le même pour l’Église. Le 1er commence, il se retire et le second prend sa place. C’est pour cette raison que William fut enlevé ; et aussi qu’Élohim n’a pas secouru Jean-Baptiste face aux menaces de mort du roi Hérode car il devait mourir pour que Iéshoua monte sur scène. Jean-Baptiste et Iéshoua ne pouvaient pas être ensemble tout comme William et le 8ème messager.

 Par ailleurs, William établit une hiérarchie entre les deux messagers de Laodicée en ces termes : « cette glorieuse personne que nous espérons va entrer en scène ».

Cette déclaration rappelle celle du prophète Jean-Baptiste au sujet de son rapport avec le Prophète Iéshoua qui venait après lui :

« … mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers » (Matthieu 3/11).

Ceci pour indiquer que le messager de la dernière pluie inspire la crainte à William. Ne le qualifie-t-il pas lui-même de « Personnage glorieux » ? Cela est d’autant vrai que William, en faisant le chandelier des sept âges de l’Église, n’a pas osé porter son nom dans la case réservé à l’âge de Laodicée. Dans cette case, ils sont deux ; et le second qui vient après lui est son chef hiérarchique. Quand l’Ange d’Adonaï(יהוה) vint à lui en présence de son assemblée, il confirma l’exactitude de son tableau et laissa aussi vide la case du 7ème âge comme pour dire que le véritable occupant n’est pas encore entré en scène.

Les tenants de la thèse « des 7 messagers » peuvent répliquer en disant que selon Apocalypse 5/6, on ne parle que de « 7 esprits d’Élohim envoyés par toute la terre ». Là-dessus, nous rétorquons qu’Elie et Elysée qui étaient de la même période, avaient le même Esprit : « l’Esprit d’Elie repose sur Elysée ! » (2 Rois 2/15). Elysée qui vint après Elie reçut une double portion de l’esprit de celui-ci.

Si la pluie est l’image de l’esprit, nous nous retrouvons en face de deux pluies : la pluie de la première saison et celle de l’arrière-saison dont le volume est le double de la première. Sans cette dernière pluie, il n’y a pas de récolte et le laboureur est obligé de l’attendre avec angoisse. Jacques montre l’existence et l’importance de ces deux pluies :

« Soyez donc patients, frères jusqu'à l'avènement d’Adonaï(יהוה) Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu'à ce qu'il ait reçu les pluies de la première et de l'arrière-saison.» (Jacques 5/7).

Ainsi, William est le messager de la pluie de la première saison et le 8ème messager est le messager de l’arrière-saison.

Nous ne voyons pas en quoi les 8 messagers dérangeraient les 7 âges ou les 7 esprits d’Élohim ou encore le chandelier à 7 branches. Au fait, de qui les Branhamistes ont-ils reçu la promesse de 7 messagers ? A ce que nous sachions, ce n’est ni de Iéshoua HaMashiah, ni du prophète Branham, ni de la Bible.

 D’ailleurs, des passages de l’Écriture font mention d’un messager que Iéshoua HaMashiah trouvera à la tâche à son retour. Il le trouvera vivant, et en plein travail :

« Quel est donc l’économe fidèle et prudent que le maître établira sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable ? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi ! Je vous le dis en vérité, il l’établira sur tous ses biens » (Luc 12/42-44).

Branham étant mort, il ne peut s’agir de lui. Aussi dans la parabole des noces, voit-on ce serviteur en pleine œuvre, et c’est la dernière heure :

« A l’heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés : venez, tout est prêt. [...] Le Maitre dit à son serviteur : va, dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d’entrer, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goutera à mon souper. » (Luc 14/23-24).

Ici, il fut confié à ce messager de rassembler l’Épouse pour la conduire aux noces de l’Agneau. C’est lui qui présentera l’Épouse à l’Époux. Ce n’est donc pas un message qui présentera l’Épouse à l’Epoux comme le soutiennent les Branhamistes.

En somme, la Bible soutient William dans sa position. Bien que ce soit ainsi, les Branhamistes continuent d’afficher de la désapprobation pour la réalité d’un messager après Branham. Pour eux, l’œuvre d’Élohim s’achève en Amérique avec William, le 7ème messager de l’Église. Il n’y a pas, de leur point de vue, une deuxième dispensation dans le même âge de Laodicée.  Pourtant, les Branhamistes croient aussi à « grand réveil » après Branham. Comment ce réveil peut-il se produire sans un messager ? Ce thème retient notre attention et sera l’objet de notre prochain article. 

Serge DeMorier

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