Le Moyen-âge fût fort marqué par les guerres entre religions, particulièrement entre le Catholicisme et l’Islam. Les différentes croisades catholiques contre les musulmans ont bien mis en évidence le rapport d’inimitié insurmontable qui existe entre ces deux religions. Cependant, nous assistons de nos jours à une tendance des plus insolites : des échanges entre le Vatican et certains chefs religieux musulmans en vue d’un rapprochement entre ces deux religions.

Cette initiative lancée par l’Eglise Catholique depuis les décisions du concile Vatican II, a depuis fait écho dans le monde religieux comme une trahison de l’orthodoxie de chaque entité pour certains, et pour d’autres un moyen bienvenu pour faire cesser les tensions d’origine religieuse afin d’aboutir à une paix durable et véritable. C’est ainsi que les actions se multiplient, des visites officielles des dirigeants, notamment les Papes et certains Imams, de sites sacrées et de lieux d’adoration, des lettres exprimant la bonne volonté d’emprunter cette voie et pour valoriser le soi-disant patrimoine religieux commun, etc. et l’institution par le Vatican des rencontres d’Assise où toutes les religions (donc l’Islam y compris) sont invitées à être ensemble pour prier pour la paix dans le monde.

Notons que ce rapprochement interreligieux ne concerne pas uniquement l’Islam mais pour cet article nous nous intéresserons uniquement au cas de l’Islam. Vue ces évènements, nous nous posons certaines questions : Quel est l’objectif du Vatican en entreprenant un tel rapprochement ? Le Catholicisme et l’islam peuvent-ils entretenir des relations d’amitié au point de s’engager dans une quelconque forme de communion ? Quel est la position de la Bible par rapport à ce type d’entreprise ?

1. L’objectif défini par le Vatican

Le dialogue interreligieux est fondé sur le texte intitulé « Nostra aetate » du concile Vatican II qui stipule que tous les hommes forment une même communauté et par conséquent doivent prôner la charité et le vivre ensemble.

Ce même texte explique que toutes les religions ont une même vocation de répondre aux questions existentielles de l’homme, et donc ont certaines choses en commun que l’Eglise catholique reconnait comme étant vraies et saintes. En particulier, elle estime les musulmans qui « adorent le Dieu unique vivant et subsistant, miséricordieux et tout puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes ». Ainsi, sur cette base, l’on doit intensifier les relations entre catholiques et musulmans en vue d’un monde de paix et de justice où l’on prône la valeur de la vie. Et selon le Pape François, « Ce dialogue interreligieux est une condition nécessaire pour la paix dans le monde, et par conséquent est un devoir pour les chrétiens, comme pour les autres communautés religieuses » (Pape François Evangelii Gaudium).

Le but avoué de cette entreprise est la valorisation de la vie, de la liberté religieuse et des droits de l’homme et la collaboration entre les religions afin de créer un monde de paix. Et malgré les différences, les points communs doivent servir de motifs de rapprochement. Cependant, ce rapprochement se fait tout en restant ferme sur ses propres convictions, et donc n’a pas pour but d’aboutir à un syncrétisme, mais de favoriser le dialogue afin de mieux comprendre l’autre et profiter pour lui faire découvrir les richesses de notre religion, et si possible utiliser cela comme un moyen d’évangélisation.

2. Le catholicisme et l’Islam : deux religions fondamentalement opposées

a) La position de l’orthodoxie catholique par rapport à l’islam

Depuis sa naissance, l’Eglise Catholique se considère comme étant la seule vraie religion et le seul moyen d’obtenir le salut. Dans cette position, toute autre religion est un regroupement d’infidèles qui ne peut conduire qu’à l’adoration de Satân. L’Islam est donc considéré depuis son apparition comme une secte d’impies par l’Eglise catholique. Et le discours des Papes avant Vatican II ne contredit pas cela :

Le pape Jean-Paul II embrassant le coran

-       Pape Eugène IV, Concile de Bâle, Se. 19 ; 7 sep. 1434 : « ... puisqu’il faut espérer que... viendra la conversion à la foi catholique de la plupart de ceux qui appartiennent à la secte impie de Mahomet. » (Les Conciles Œcuméniques, Les Décrets, T. II-1, pp. 984, 985).

-       Pape Calixte III ; 1455 : « Je m'engage à… exalter la vraie foi, et extirper d’Orient la secte diabolique [islam] de l’infidèle et réprouvé Mahomet. » (Von Pastor, History of the Popes, II, p. 346).

b) La position du Coran par rapport aux chrétiens

Le texte de base de l’Islam est le Coran qui est pour les musulmans la parole d’Allah, l’être adoré au sein de cette religion. C’est ce texte qui réglemente la vie sociale, économique et politique du musulman. La position de l’Islam vis-à-vis des chrétiens est sans équivoque : les chrétiens en général et par conséquent les catholiques en particulier sont des mécréants selon qu’il est écrit dans le Coran : 

« Certes sont mécréants ceux qui disent : « Allah, c'est le Messie, fils de Marie ! » (Sourate 5 (Al-Ma-idah) / 17).

Le Coran les définit aussi comme des « associateurs » et des infidèles. Ainsi définit les chrétiens, le Coran montre l’attitude à tenir vis-à-vis d’eux : 

« Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes. » (Sourate 5 (Al-Ma-idah) / 51).

Il demande qu’ils ne s’approchent même pas de la mosquée sacrée et de plutôt les combattre :

« ô vous qui croyez ! Les associateurs ne sont qu'impureté : qu'ils ne s'approchent plus de la Mosquée sacrée, après cette année-ci. Et si vous redoutez une pénurie, Allah vous enrichira, s'Il veut, de par Sa grâce. Car Allah est Omniscient et Sage. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humiliés. » (Sourate 9 (Al-Tawbah) /28-29).

Au vu de ces passages, il est clair que le musulman authentique ne doit en aucun cas former une quelconque association à caractère religieux avec un catholique.

c) Le point commun illusoire des deux religions

Dans le texte « Nostra aetate », le Vatican affirme que les musulmans « adorent le Dieu unique vivant et subsistant, miséricordieux et tout puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. ». Cette déclaration montre bien la confusion qu’une grande partie du monde fait entre les entités adorées dans les religions dites révélées.

En effet l’entité adorée par les musulmans est différente de celle adorée par les chrétiens. Et cela pour deux raisons simples : les noms qui servent à invoquer chaque entité sont différents (Les chrétiens invoquent Dieu et les musulmans invoquent Allah) donc les entités sont différentes (cf. L’importance du nom dans l’adoration) et les caractéristiques de celles-ci sont différentes et contradictoires.

Dieu est une trinité dont les composantes forment une famille (Le Père Dieu, Jésus Fils de Dieu et Marie mère de Dieu) pendant qu’Allah de l’Islam se déclare unique et incapable d’enfanter ou de devenir homme. Certaines personnes diront que c’est la même entité adorée de part et d’autre, mais que c’est une différence de conception du même être. Si tel est le cas, il faudrait retirer le caractère révélé de ces religions et les considérer comme de simples créations humaines et donc nier leur caractère spirituel.

d) Le rapprochement islamo-chrétiens, une action contre la logique de la sanctification

Hashem, l’Elohim de la Bible est Saint et donc a pour valeur la sanctification qui selon cette Bible est la séparation des éléments qui n’ont rien en commun, c’est la mise à part pour quelque chose ou quelqu’un, c’est le refus de la confusion, du mélange de choses contraires et de la compromission. C’est une valeur à laquelle Il est très attaché. C’est pour cela que c’est une condition nécessaire pour le rencontrer car « sans la sanctification, nul ne verra Adonaï(יהוה) » (Hébreux 12:14).

Ainsi Il recherche pour lui seule une communauté sainte qui ne se mélange pas avec les autres. C’était l’une des conditions pour que le peuple d’Israël marche avec lui dans le désert :

« Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte » (Exode 19/6).

Et le non-respect de cette valeur par les bénéi Israël a entrainé la colère de Hashem (Nombre 25). Mashiah lui-même venant construire sa Kéhila dit :

« Sanctifie les par ta vérité, ta parole est la vérité » (Jean 17/17).

C’est donc à juste titre que le Shaliah Shaoul (Apôtre Paul) nous recommande de nous séparer de l’impureté : 

« Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y-a-t-il entre la justice et l'iniquité ? Ou qu'y-a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y-a-t-il entre Mashiah et Bélial ? Ou quelle part a le fidèle avec l'infidèle ? Quel rapport y-a-t-il entre le temple d’Elohim et les idoles ? Car nous sommes le temple d’El-Hai, comme Elohim l'a dit : J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux ; je serai leur Elohim, et ils seront mon peuple. C’est pourquoi, Sortez du milieu d'eux, Et séparez-vous, dit Adonaï(יהוה) ; Ne touchez pas à ce qui est impur, Et je vous accueillerai. » (2 Corinthiens 6/14-17).

Par conséquent La Bible et donc le Méshihisme ne saurait approuver des associations contre nature au nom de la paix factice quand la véritable paix ne peut se faire en dehors de Hashem.

Au total, cette volonté d’association du Vatican et des autres religions parmi lesquelles l’islam, montre l’incohérence qui baigne dans le monde des religieux d’aujourd’hui qui au mépris des valeurs intrinsèques de leurs doctrines, font des alliances hétéroclites au nom de la paix. Leurs différents discours frisent tellement l’hypocrisie et la contradiction qu’il est légitime de se demander ce que veut réellement le Vatican en initiant de telles choses. L’avenir nous le dira !

Nous Méshihim, ne sommes pas contre la véritable paix mais croyons que cette véritable paix ne peut pas être obtenue par l’effort des hommes et leur volonté de vivre ensemble, encore moins par des hommes religieux qui n’ont pas en vue le salut de l’humanité et qui sont fondamentalement divisés. La véritable paix ne s’instaurera qu’avec le règne de HaMashiah (cf. Les prières pour la paix à Assise provoquent la colère d’Élohim) dans un monde cohérent et dénué de mensonges.

Ben Elyon

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